Claude Monet aux Galeries nationales du Grand Palais

Du 22 septembre 2010 au 24 janvier 2011, les Galeries nationales du Grand Palais exposent la très, très attendue rétrospective consacrée à Claude Monet. Je l’attendais moi aussi avec impatience malgré un certain a priori vis-à-vis de son oeuvre. Mais la magie du Grand Palais a opéré : l’exposition est passionnante et j’ai pris un vrai plaisir à voir, ou à enfin bien voir, les toiles de Monet.

Les Galeries nationales du Grand Palais ne font jamais les choses à moitié : ce sont près de 200 oeuvres couvrant l’ensemble de la vie de Claude Monet qui sont présentées dans cette exposition, suivant un parcours à la fois chronologique et thématique. C’est la plus grande rétrospective consacrée à Monet depuis l’Hommage qui lui avait été fait il y a 30 ans … par les mêmes galeries. Avec un seul grand absent à Monet 2010 : le tableau Impression soleil levant, qui donne son nom au mouvement impressionniste. Suite à des tensions entre musées, le musée Marmottan-Monet aurait refusé de prêter ce tableau-clé pour la rétrospective. Un tableau bloqué à quelques centaines de mètres alors que les tableaux de l’exposition viennent de musées du monde entier, en particulier du Met… Notez que les organisateurs de l’expo Monet 2010 ont été très sport : dans l’audioguide, on nous encourage à visiter le musée Marmottan-Monet pour voir Impression soleil levant ainsi que le reste de sa collection.

De Monet, on peut dire qu’il est le peintre du sensible et de l’impression visuelle, d’une subjectivité plus que de la réalité brute, le résultat de la métamorphose que provoque la lumière et ses humeurs sur les lieux et les choses. On peut également diviser sa carrière de peintre en deux périodes, avant et après 1890. Et c’est ainsi que j’ai pu comprendre ce que j’aimais, ce que j’aimais moins chez Monet.
Avant 1890, il est incertain, sa situation est difficile, changeante, il crée, déménage, essaie, supporte, invente, est refusé, invente encore, donne naissance à un mouvement artistique, et en même temps à une impulsion nouvelle chez les artistes peintres, qui prennent leur liberté vis-à-vis des salons officiels pour s’exposer eux-mêmes.
Après 1890, Monet a passé les cinquante ans, son succès est acquis, sa maison à Giverny est achetée et il ne la quittera plus. Il réalise des séries (que j’aimerais voir rapprocher de celles d’un Warhol), des séries de meules, de peupliers, de cathédrales. Puis la cataracte le prend, son regard baisse, le ciel a disparu des toiles, il n’y a plus que de l’eau trouble et des nymphéas.

Vous l’aurez compris, l’exposition réussit à nous plonger au coeur de la vie, des bonheurs et des tourments de Claude Monet, une expérience dont je suis sorti avec une préférence pour les tableaux du Monet d’avant 1890, et de la tristesse pour le Monet d’après 1890. Petit bémol, on mentionne dans l’exposition la douleur de Monet à la mort en 1879 de Camille son épouse et modèle favori, mais on oublie de dire qu’Alice Hoschedé, qu’il épousera en 1892, était sa maîtresse depuis 1875 ou 1876…

Rien à ajouter, si ce n’est que l’audioguide est encore une fois un élément indispensable pour ressentir ce que j’ai décrit, et qu’il est si complet que je l’ai téléchargé après ma visite pour pouvoir le réécouter à tête reposée. Courez-y, vous resterez deux heures sans vous en apercevoir.

Galeries nationales du Grand Palais
3, avenue du général-Eisenhower
75008 Paris
Billet plein tarif : 12 €
Audioguide : 5 € (3€ en téléchargement)

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4 commentaires

  1. 28 septembre 2010
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    Bon plan pour ceux qui ne peuvent se rendre au Grand Palais à Paris pour visiter l’exposition, proposé par le blog suivant : voir ici

  2. eamimi
    11 octobre 2010
    Répondre

    Grosse déception pour la part. J’attendais beaucoup de cette exposition. L’organisation merdique (fait rare pour le grand palais) n’a sûrement pas aidé ; têtes, vigiles peu aimables, foule …
    J’ai été très déçue de toutes les œuvres du premier étage. Je dois être complètement insensible à cette partie de la vie de Monet.
    Grosse déception donc pour ma part.

  3. Guillaume Ansanay-Alex
    11 octobre 2010
    Répondre

    @eamimi : Je crois que je comprends assez bien ce que tu as enduré… j’ai déjà twitté sur mes difficultés à visiter le Grand Palais, ainsi que le Petit Palais, à la fois à cause du monde qui s’y presse tout le temps et des vigiles qui ne font rien pour te faciliter l’attente. Il y a de grandes compétences dans la création du fond des expos, mais des problèmes sur ce qui l’entoure. Il faudrait déjà ouvrir tous les soirs en nocturne pour désengorger.

    Pour ce qui est des deux étages, pour le coup c’est vraiment une question de goût, j’ai vécu exactement l’expérience inverse !

  4. 11 octobre 2010
    Répondre

    C’est clairement une question de goût. Je ne suis pas ultra fan de Monet à la base mais j’avais placé beaucoup d’espoirs dans cette expo. Forcément j’ai été déçue. Je préfère le Monet qui y voit mal, j’exposerai même pas chez moi les toiles du premier étage !

    Pour les vigiles c’était honteux. Ils s’engueulaient et s’insultaient. Leur chef n’arrivait même pas à se faire entendre. Très moyen pour tous les touristes présents dans la file (enfin les quatre files de billets différents qui, au final, sont tous rentrés en même temps ! Point positif j’ai fait le premier étage au passe course et ai donc pu prendre le temps de voir, seule, les toiles qui me plaisaient.

    Tout le long de l’expo je me suis dit « chouette en rentrant je vais lire l’avis de Guillaume ».

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