Voyage sous les fontaines de Versailles

La dernière visite Versailles Intime m’a emmené sous les fontaines du parc du château de Versailles, à la découverte de son réseau hydraulique.

Si vous avez déjà eu l’occasion de visiter le parc pendant les Grandes eaux, vous vous douterez que toute cette magnificence a son prix dans la complexité des labyrinthes de conduits qui les alimentent. Une complexité qui s’est construite pas à pas : au tout début des travaux hydrauliques, le seul réservoir de Versailles contient 100 m3 d’eau et les quelques fontaines sont alimentées par une pompe mécanique mue par un seul cheval.

Pour augmenter le nombre de fontaines, pouvoir en disposer partout sur le chemin du Roi et faire durer leur spectacle, il faut plus de réservoirs, plus de sources. On construit des réservoirs et des moulins à vent, et ayant atteint 580 m3 de réservoir et une douzaine de fontaines, on peut inaugurer le 17 août 1666 les premières « Grandes eaux » de Versailles.

Ca ne suffit pas pour sublimer la splendeur du Roi… Mais la tâche est difficile : le château de Versailles se trouve à 142m au-dessus du niveau de la Seine et à 10km de celle-ci. L’abbé Picard ayant observé que les plateaux de Trappes et de Bois d’Arcy sont plus hauts que le château, on y crée des étangs artificiels et un aqueduc de 1500 mètres. Les fontaines du parc peuvent alors fonctionner plusieurs heures par jour, tous les jours, et on peut laisser se reposer les chevaux qui faisaient tourner les pompes.

Il en faut toujours plus, et les progrès de la technique continuent de permettre cette débauche de fontaines.

Le défi que représente le puisage de l’eau de la Seine est relevé par Arnold de Ville qui dirige la construction de l’immense machine de Marly, alimentant les jardins du château de Marly :

representation-machine-BNF-gallica

Celle-ci utilise le courant de la Seine pour remonter l’eau. Elle fonctionnera tout de même pendant 133 ans !

On continue de créer des étangs, un grand nombre d’étangs, pour alimenter Versailles. Un document de 1812 les cartographie :

Plan_général_des_étangs_et_rigolles_de_Versailles_1812

À la fin du règne de Louis XIV, les jets d’eau consomment 6300 m3 à l’heure. On a pu bien plus tard abandonner les étangs artificiels et l’acheminement gravitaire de l’eau à Versailles pour constituer un circuit fermé où l’eau est mise en mouvement par des pompes électriques.

Après avoir appris l’histoire du réseau hydraulique, nous avons visité ses souterrains (mon expérience la plus proche de la spéléologie à ce jour !) et pu apercevoir l’un des réservoirs, si je ne dis pas de bêtise, sous le canal :

reservoir_versailles

Pour en voir et en savoir plus, je vous oriente vers ce reportage réalisé par le château de Versailles :

Notre visite s’est poursuivie à la lumière du jour par une balade dans les jardins avec les fontainiers que nous suivions pendant qu’ils ouvraient les vannes des fontaines. Avec, dans les oreilles, les commentaires fournis par une excellente et toute récente application pour iOS et Android qui vous géolocalise et vous permet de vous y retrouver dans les jardins. C’est bien plus commode que de passer son temps le nez sur un dépliant : on peut se déplacer librement, regarder autour de soi, et lorsqu’on passe près d’un point (une fontaine par exemple) où du contenu est disponible, on peut se le laisser commenter par un conservateur, un auteur, un artiste, les mains et les yeux libres.

Merci à Diane, aux fontainiers, à nos accompagnateurs du château de Versailles et d’Orange pour cette belle après-midi !

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Un commentaire

  1. Eric BACCOLINI
    17 août 2016
    Répondre

    Comment organiser une visite avec une classe de plombiers ? Ou trouvera ces renseignements. Par avance merci pour votre aide.

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