L’épée : usages, mythes et symboles, au musée national du Moyen Age de Cluny

La note de Carpe Webem : ★★★

Du 28 avril au 26 septembre 2011, le musée national du Moyen Age de Cluny présente une riche et vivante exposition consacrée à l’épée. Une excellente occasion de redécouvrir ce musée qui propose une scénographie moderne pour cette exposition, et rend accessible un objet toujours présent dans notre culture.

L’exposition s’ouvre sur deux pièces introductives : à gauche le portrait de Louis XIV d’après Hyacinthe Rigaud, où le roi porte Joyeuse, l’épée de Charlemagne, à droite les restes du pommeau de l’épée de Childéric. Deux pièces qui annoncent les thèmes de l’exposition qui se répartit en trois thèmes :

L’épée, un objet (très !) technique

L’épée est un objet plus complexe qu’on ne pense. Déjà, on a souvent la fausse croyance, colportée depuis la chanson de geste jusqu’au cinéma, qu’une épée est une arme très lourde, maniable seulement par des héros épiques. C’est tout le contraire : une épée pèse autour d’1,3 kg et est loin d’être rigide comme de la pierre. Cela requiert les compétences d’un bon forgeron, mais une bonne épée est équilibrée, faite de métal souple en son centre et de métal dur sur ses bords. L’exposition vous le démontre par l’exemple en vous proposant de tester une véritable épée pour faire disparaître vos doutes ! De la même manière, il est faux de penser que porter une armure vous rend incapable de vous mouvoir avec souplesse et vous transforme en une sorte de char d’assaut humain.

Des épées de savoir-faire et des épées de faire-savoir

L’usage original de l’épée, c’est le combat. Et là encore, ce n’est pas si simple. On n’utilise pas la même épée pour l’entraînement, le tournoi, la guerre, le duel ou la chasse, comme on adapte l’épée à son porteur (homme, femme, mais aussi enfant notamment pour l’entraînement des jeunes princes) et à son adversaire.
Mais l’épée, c’est aussi et surtout un symbole qui qualifie celui qui la porte : le juge porte une épée qui symbolise le pouvoir de la justice, le bourreau porte une épée qui rendra la justice (aux nobles, pour les manants c’est la hache), le chevalier reçoit une épée lorsqu’il est adoubé. Le roi peut même se contenter d’envoyer son épée le représenter aux événements mondains. Aujourd’hui encore on retrouve l’épée comme symbole, chez les académiciens par exemple.

Le mythe de l’épée

Le destin de certaines épées dépasse leur porteur : elles transcendent leur statut d’objet et on leur donne un nom. L’épée de Charlemagne est Joyeuse, l’épée du sacre des rois de France, c’est elle qui illustre cet article. Transcendant encore ce statut, certaines épées se voient attribuer des pouvoirs surnaturels : Durandal, l’épée de Roland, favoriserait la fertilité des femmes, et je ne parle même pas d’Excalibur ! Le cinéma fantastique fourmille d’exemples d’épées magiques. L’exposition rassemble de nombreuses épées célèbres, et notamment Joyeuse et Durandal, enlevée du rocher de Rocamadour pour l’occasion.

En bref, le parcours est équilibrée entre textes et pièces, le parcours est libre et les médias sont variés, des manuels d’entraînement au combat aux vidéos de Kaamelott et Sacré Graal en passant par l’essai de la reconstitution exacte d’une épée du XVe siècle. Une exposition pour tous, en complément de laquelle seront organisées des démonstrations gratuites d’escrime médiévale les samedis et dimanches à 10h30, 14h et 16h entre le 21 mai et le 3 juillet.

Enfin, un grand merci à Claire Séguret qui fait un beau travail de communication sur cette expo, suivez le musée de Cluny sur son compte Twitter et visitez la page Facebook de l’expo qui montre de nombreuses images !

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