#Askacurator : pourquoi les musées devraient twitter le 18 septembre

Read the english version of this post on Marlene Dixon’s (@mardixon) blog : #AskACurator : Why Museums Should Take Part on Sept 19th

(Invitée sur le blog de Marlène Dixon, Claire, responsable adjointe de la communication au musée de Cluny, nous expliquait les avantages de l’opération pour les musées qui s’interrogeraient sur leur participation. Voici son billet en VF !)

Toujours hésitants ? Vous vous demandez pourquoi et comment ? Vous êtes community manager, responsable du service culturel ou simplement membre de l’équipe d’un musée (forcément) génial ? Il y a de nombreuses raisons de participer à « Ask a curator » le 19 septembre 2012 18 septembre 2013.

Je vous en donne trois.

1/ Une bonne manière de faire vos premiers pas sur Twitter

Fin août 2010, après avoir vu l’annonce de l’opération « Ask a curator » sur Facebook, je suggérai à la directrice du musée de Cluny de nous joindre à l’événement. Cela pouvait être un bon moyen de nous mettre le pied à l’étrier « numériquement » parlant. Jusque-là, nous n’avions pas pris le temps de nous en préoccuper, et, pour être honnêtes, nous étions un peu effrayés par ces nouveaux réseaux. L’opération semblait être l’occasion d’essayer.

salle 22 :domestic life
Paris, Musée de Cluny. Musée national du Moyen Âge
©RMN / René-Gabriel Ojéda

« Je supprimerai le compte si cela est trop chronophage ou si nous avons des trolls »

Nous avons conservé le compte @museecluny actif. Nous avons désormais plus de 4500 followers, aucun d’eux n’est un vilain troll, et nous avons été sélectionnés par Beaux-Arts magazine dans son « top 3 » des musées français sur Twitter cette année.

S’inscrire sur Twitter n’est pas compliqué en soi, mais Ask a curator vous donne la formidable opportunité d’échanger rapidement avec une grande variété de publics, ce que vous ne pourriez normalement pas faire au tout début de votre vie « numérique » sur ce réseau, et qui peut se révéler frustrant. Donc même si vous commencez tout juste sur Twitter, vous serez en contact avec un plus grand nombre d’abonnés, et vous en gagnerez probablement beaucoup au passage. L’événement vous offrira une plateforme et une visibilité que vous n’auriez probablement pas eues aussi vite.

2/ Impliquer les équipes de votre institution

L’émulation peut être la clé pour créer l’intérêt de votre personnel. Si une personne participe, les autres suivront sur les prochains projets numériques. Surtout si l’opération engendre de la curiosité et des compliments sur le travail accompli. Il faut l’avouer, dans les musées, les tâches sont nombreuses, et pas toujours des plus glamours. Et vous seriez surpris de voir comment certaines personnalités peuvent se révéler derrière un écran.

Pour cette deuxième édition, j’ai pris le parti de laisser les membres de l’équipe scientifique se porter volontaires : j’ai simplement expliqué le fonctionnement de l’opération, et promis d’être à leur disposition tout au long de la journée. Si aucun de vos conservateurs n’est disponible, pourquoi ne pas demander au responsable de la documentation, à l’attaché(e) de conservation ou, encore mieux, au directeur/trice lui/elle-même ? Dans la plupart des établissements, ces derniers sont également conservateurs. Si la personne est passionnée par son travail, et connaît bien le musée et ses collections, cela marchera !

Oh, et pensez à tweeter une petite bio avant le 19 septembre 2012 18 septembre 2013, pour présenter votre conservateur au vaste monde de Twitter.

3/ Savoir ce que vos publics veulent savoir

En tant que professionnels des musées, nous sommes convaincus de savoir ce qui devrait être dit sur nos collections. Le problème, c’est que nous avons souvent la tête dans le guidon. Il est toujours très difficile de prendre le temps et la distance critique pour réfléchir à ce que les gens veulent savoir de nous.

Ask a curator provoquera à coup sûr des questions surprenantes, certaines très candides, d’autres très pointues. Ce dont je me souviens de la première édition, c’est que les followers étaient très curieux de ce qui se passe en coulisses*. Pas seulement les choses impressionnantes, mais aussi les aspects moins « paillettes » et néanmoins importants du travail de conservateur, comme :

  • travailler sur les archives
  • faire la paperasse administrative
  • répondre poliment à celui venu vous proposer d’acheter l’atroce/étonnante/absolument merveilleuse collection de son aïeule, etc

Certaines interrogations étaient très terre-à-terre :
« Qu’est-ce que les gens mangeaient au Moyen Âge ? »

D’autres, poétiques :
« Si vous aviez une machine à remonter le temps, qu’est-ce que vous souhaiteriez retrouver qui vous manque aujourd’hui pour mieux connaître vos collections ? »

Dans tous les cas, cela vous aidera à comprendre ce que vos publics sont avides de savoir sur votre musée, quels sont les stéréotypes sur une époque ou un type d’œuvre. Cela peut se révéler extrêmement précieux si vous avez le projet de refondre votre site web, de créer une appli mobile ou tout simplement pour tweeter au plus juste des attentes.

Enfin et surtout, cela montrera que votre musée est bien une agora, un espace où les professionnels engagent le dialogue avec leurs publics et communiquent avec eux.

J’espère vous avoir donné suffisament de raisons de frapper à la porte de votre directeur dès demain, et de participer à Ask a curator.

(Edit : nous avons depuis lancé #jourdefermeture avec plusieurs musées français. Le lundi ou le mardi selon les établissements, on vous révéle, en mots et en images, les dessous de la régie, des montages d’expo, des tournages, etc.)

Claire Séguret

Claire Séguret

Historienne de l’art et chargée de communication 2.0, responsable de la communication au musée de Cluny à Paris, Claire court tout le temps, au propre comme au figuré. Marathonienne et amoureuse des petits et grands plaisirs de la vie, elle s’invite sur Carpe Webem pour parler de communication numérique, mais aussi pour des benchmarks et critiques gastronomiques glamour. A suivre sur @comcomclaire (morceaux de Joe Dassin et Bob Dylan inside).

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