Sur la route de Jack Kerouac : l’épopée, de l’écrit à l’écran, au Musée des Lettres et Manuscrits

[Rating:1.5/3]

Du 16 mai au 19 août 2012, quelques années après la publication de la version originale, non remaniée par l’éditeur, du manuscrit de Sur la route, et à l’occasion de la sortie de l’adaptation cinématographique co-réalisée par Walter Salles et MK2, le Musée des Lettres et Manuscrits héberge une exposition sur le roman et le destin de son manuscrit.

Au début, le texte. Le besoin de rendre en un seul trait une vie si intense qu’elle en est incandescente, une expérience qui en quelques mois est plus riche que de nombreuses vies. 36 mètres de feuilles attachées les unes à la suite des autres en un seul rouleau, pour ne pas interrompre le souffle continu de Jack Kerouac.

L’exposition n’oublie pas la passion pour l’écriture de Jack Kerouac : le véritable rouleau manuscrit est au centre de la pièce dévolue aux expositions temporaires du musée des Lettres et Manuscrits. Autour du texte, la biographie de Kerouac, et des livres représentant ses influences littéraires, le contexte de la middle-class dont il est issu, l’écriture bien sûr et ce par quoi elle passe : carnets, crayons, machines à écrire, pour finir sur l’histoire de l’édition du texte.

L’énoncé à l’origine de l’exposition nous apparaît aisément : à partir des fonds du MLM et des objets et images du film qui sort au même moment, concevoir une lecture de l’oeuvre du bien malgré lui père de la beat generation. L’exercice est réussi : on sort de l’exposition avec l’envie de lire le livre, l’envie de voir le film.

Je n’ai pas lu le livre, mais j’ai vu le film. Je suis entré dans la salle, j’avoue, avec un a priori. De ce que je savais ou croyais savoir, je m’attendais à ne pas aimer le personnage de Neal, à espérer beaucoup de celui d’Allen Ginsberg, et à finalement être plus ou moins indifférent à celui de Jack Kerouac. Comme spectateur, on s’identifie en fait à Kerouac, observateur attentif , disciple de Neal qui le suit dans la fuite. Le personnage de Neal s’avère plus complexe qu’attendu. Ce qui attire vers lui est aussi ce qui repousse : il brûle, brûle, brûle, sans se soucier de ses responsabilités envers ceux qui le suivent. Enfin, Allen est assez peu évoqué. Quand il apparaît il est tantôt délirant, tantôt geignard, bien loin du clochard céleste qu’on aimerait retrouver en lui.

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4 commentaires

  1. Claire
    11 juillet 2012
    Répondre

    Si ce n’est déjà fait, je te recommande de voir Howl avec James Franco dans le rôle d’Allen Ginsberg. Si les animations qui illustrent le poème sont parfois décevantes, le film n’en n’est pas moins intéressant !

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