Rétrospective Claude Cahun, au Jeu de Paume

La note de Carpe Webem : ★★½

Du 24 mai au 25 septembre 2011, le Jeu de Paume propose une exposition rétrospective de l’oeuvre de Claude Cahun, à la fois auteur et artiste, plongée dans un réseau d’amitiés et d’influences surréalistes, pionnière de l’autoreprésentation et de la scénographie d’objets dont les travaux font vaciller l’identité et les genres.

Autoportrait, 1929, Claude Cahun. Tirage gélatino-argentique, 14 x 9 cm, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris © Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris / Parisienne de Photographie

Née Lucy Schwob, (elle est la nièce de Marcel Schwob), Claude Cahun adopte son pseudonyme androgyne à l’âge de 21 ans. Elle a déjà alors commencé depuis plusieurs années à se mettre en scène dans des photographies où non seulement elle se déguise mais aussi métamorphose son corps pour ressembler parfois à un homme, parfois à une femme, souvent à un invididu dont le genre est difficile à décider. Un travail dit d’autoreprésentation, mais le mot ne me satisfait pas puisque justement dans l’oeuvre de Claude Cahun le moi semble mouvant. Je préférerais le terme, même s’il est né à la fin des années 1970 pour qualifier un style littéraire, d’autofiction. De l’autofiction photographique.

Autoportrait, 1927, Claude Cahun. Tirage gélatino-argentique, 19,5 x 14 cm. Musée des Beaux-Arts de Nantes © RMN / Gérard Blot

Elle commence ensuite, à partir de 1925, d’autres travaux photographiques ne la mettant plus en scène mais composés d’assemblages d’objets. On est bien loin pourtant de la nature morte : ses assemblages sont des scénographies qui portent une symbolique forte, engagée. Engagée, Claude Cahun l’est aussi dans ses relations avec l’école surréaliste, à laquelle elle versera à la fois des écrits et des oeuvres plastiques qui parfois les illustrent, comme les Aveux non avenus.

Sans titre, 1936, Claude Cahun. Tirage gélatino-argentique, 17,9 x 13 cm. Collection particulière © Photo Béatrice Hatala
Aveux non avenus, planche I, 1929-1930, Claude Cahun et Moore. Tirage gélatino-argentique (photomontage), 40 x 25 cm. Collection particulière © Photo Béatrice Hatala

La présentation de la rétrospective est chronologique, et comme on pouvait s’en douter venant du Jeu de Paume, le couple scénographie/médiation rend un bel hommage aux oeuvres de Claude Cahun dans un équilibre entre les clés biographiques et l’immersion dans l’émotion teintée de doutes des autoportraits et les questions étrange des scènes d’objets. Je ne sais pas comment recommander la visite de cette exposition : je ne qualifierai pas l’oeuvre de Claude Cahun de simple, dans le sens où je l’ai ressentie comme relevant beaucoup plus du psychique, de l’impression, que de l’esthétique ou de la démonstration de sens. En cela elle répond tout à fait aux exigences du surréalisme, ce qui me touche, vous peut-être pas.

Robert Desnos, 1930, Claude Cahun. Tirage gélatino-argentique, 21,5 x 16,7 cm. Jersey Heritage Collection © Jersey Heritage
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