Mayas, au musée du quai Branly

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Du 21 juin au 2 octobre 2011, le musée du Quai Branly présente, avec le mécénat encombrant du pétrolier Perenco, une exposition consacrée à la civilisation maya, de l’époque précolombienne au Guatemala d’aujourd’hui. Elle nous montre une riche collection de pièces dans un état remarquable de conservation, que nous enseigne-t-elle sur cette civilisation qui fascine ?

L’exposition s’est ouverte sous des auspices difficiles : la société mécène de l’événement, le pétrolier franco-britannique Perenco, est accusée de ne pas respecter le patrimoine environnemental du Guatemala, et de chercher par son soutien à l’exposition à se racheter une conscience, face à l’opinion, face à la population guatemaltèque héritière de la civilisation mésoaméricaine à la longévité extraordinaire.

Songez que l’on date les premières constructions mayas du IIIe millénaire avant notre ère, et la disparition des dernières cités au XVIe siècle, lors de la conquête espagnole. Dommage : si les premiers avaient continué sur leur lancée, peut-être aujourd’hui pourraient-ils financer la dette des seconds. En effet, et même s’il faut sortir de votre esprit les images collectives et erronées de merveilleuses cités d’or et d’un empire de paix voué à la sagesse et à l’étude des astres, la civilisation maya n’en reste pas moins surprenante par ses réalisations architecturales, ses connaissances en astronomie (et les calendriers déduits pour les cultures), et ses innovations en écriture et en calcul. L’art maya n’est pas en reste, et de nombreux objets sont arrivés jusqu’à nous. Des objets en céramique sont ainsi présents dans l’exposition en nombre si important, et dans un état de conservation si remarquable que l’on se prend à croire que l’on ne se trouve pas dans un musée mais plutôt chez Maisons du Monde.

Au-delà de la plaisanterie, c’est un peu le reproche que je ferais au musée du Quai Branly, qui dans cette exposition montre beaucoup à voir par rapport à ce qu’il enseigne. Sur un sujet à la fois si riche et toujours l’objet de recherches, et autour duquel tournent tant d’a prioris, on aurait attendu plus de contenu, même si quelques textes reviennent sur quelques points principaux, notamment l’écriture et le calcul. Mais je concède que réaliser l’équilibre entre textes et pièces est un exercice difficile… qui engage à se positionner en tant que musée d’art ou de musée d’histoire de l’humanité.

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4 commentaires

  1. ju
    15 juillet 2011
    Répondre

    Du 21 juin au 2 octobre 2011, le musée du Quai Branly présente, avec le mécénat encombrant du pétrolier Perenco, une exposition consacrée à la civilisation maya, de l’époque précolombienne au Guatemala d’aujourd’hui. Elle nous montre une riche collection de pièces dans un état remarquable de conservation, que nous enseigne-t-elle sur cette télévision qui fascine ?

    civilisation ?

  2. 15 juillet 2011
    Répondre

    Oui, en effet, merci ! C’est corrigé. C’est un atroce lapsus à l’écrit, mon premier et j’espère dernier. Pourtant la télévision ne me fascine pas du tout :-)

  3. ju
    15 juillet 2011
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    je n’osais pas le dire mais c’est effectivement assez violent comme lapsus :)

  4. Clint
    16 juillet 2011
    Répondre

    « …la disparition des dernières cités au XVIe siècle, lors de la conquête espagnole. Dommage : si les premiers avaient continué sur leur lancée, peut-être aujourd’hui pourraient-ils financer la dette des seconds. »

    C’est archi-faux, la civilisation Maya était déjà en pleine décadence bien avant que les Espagnols ne débarquent.
    Remplace le mot Maya par le mot Aztèque et là par contre, çà devient archi-vrai…

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