Le voyage imaginaire d’Hugo Pratt à la Pinacothèque

La note de Carpe Webem : ★☆☆

Du 17 mars au 21 août 2011,a la Pinacothèque propose une exposition consacrée à l’oeuvre d’Hugo Pratt, et en particulier à son personnage principal Corto Maltese.

Vous le savez peut-être si vous avez lu mon billet sur l’exposition Moebius à la fondation Cartier, ma connaissance de l’univers de la bande dessinée est très, très superficielle. Vous savez aussi peut-être que la Pinacothèque m’avait beaucoup déçu lors de ma première et jusqu’à récemment unique visite à l’occasion de l’exposition l’Or des Incas. Si un ami amateur éclairé de l’oeuvre d’Hugo Pratt ne m’avait pas proposé cette visite, vous ne liriez probablement pas cette chronique.

Si Hugo Pratt était auteur et dessinateur de ses bandes dessinées d’aventure, il était à l’origine lui aussi un aventurier. D’un père militaire de carrière en Abyssinie, il se voit engagé à 13 ans dans la police coloniale. Fait prisonnier et envoyé dans un camp, il est rapatrié par la Croix-Rouge en Italie, pour ensuite être arrêté par les SS qui le prennent pour un espion sud-africain. Il est enrôlé dans la police maritime du Reich ; s’échappe au bout de dix-huit jours et se met au service des Alliés jusqu’en 46. Il n’a alors que 19 ans. Natif du monde entier, il crée Corto Maltese, fils maltais d’un marin anglais et d’une gitane de Séville.

En plus de développer dans ses récits une extraordinaire érudition, Hugo Pratt pousse dans ses dessins le trait vers son maximum d’expressivité, à la recherche de la précision pure des lignes et des contrastes. Son travail sort du cadre de la bande dessinée pour, je pense à ses aquarelles autant qu’à certaines des cases de ses albums à l’encre de Chine, ne pas avoir à rougir face à des oeuvres d’arts dits majeurs, faisant vaciller le préjugé commun sur la BD.

Jusqu’ici, j’ai bien pris soin de parler de l’artiste et de son oeuvre, qui pourront aisément à eux seuls motiver certains d’entre vous, amateurs d’Hugo Pratt peut-être, à vous rendre à la Pinacothèque. Je suis très déçu par la scénographie, je cherche même toujours une scénographie… Aucune couleur n’est utilisée pour séparer les thèmes de l’exposition, les titres et panneaux de présentation ne se trouvent pas facilement et sont parfois à la fin des sections qu’ils sont censés présenter… Je ne détaille pas les cartels qui eux non plus ne prennent pas la peine de détailler les oeuvres ou de les mettre en contexte. Un très grand nombre de planches originales sont présentées, c’est très louable… mais les textes sont essentiellement en italien et sans traduction on passe à côté de quelque chose. Comme pour l’Or des Incas, nous sommes en présence d’une accumulation indéniablement riche, mais… n’oubliez pas de prendre votre médiation culturelle avec vous.

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