Auteur : Guillaume Ansanay-Alex
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25 avril 2011Publié dans : Histoire, Peinture La note de Carpe Webem : 


Du 12 avril au 30 juillet 2011, alors qu’une partie des collections permanentes du musée d’Orsay ne peut être présentée pour cause de travaux de rénovation, une sélection de celles-ci reste visible gratuitement grâce à cette exposition à l’Hôtel de Ville. Un parcours dans le Paris de la fin XIXe – début XXe peint par les impressionnistes, qui ravira les parisiens, les amoureux de Paris, et les passionnés de cette riche période de notre histoire littéraire et artistique.
Un Paris redessiné et reconstruit
La première partie de l’exposition, en mezzanine, montre les effets de la grande transformation de Paris entreprise sous l’impulsion de Napoléon III assisté du préfet de la Seine, le baron Eugène Haussmann, entre 1852 et 1870 : démolition de taudis, découpage de Paris en 20 arrondissements avec mairies, écoles et églises, création d’un réseau de voies, grands axes, places, boulevards, avenues, autour du percement de deux larges axes Nord-Sud (le boulevard de Sébastopol continué rive gauche par le boulevard Saint-Michel) et Ouest-Est (la rue de Rivoli).

G. Caillebotte - Vue de toits, effet de neige
On fait appel lors de concours aux compétences des meilleurs architectes pour la construction ou la reconstruction de théâtres, de l’Opéra (qui prendra le nom de son architecte Charles Garnier), de l’Hôtel de Ville. A noter puisque son actualité est récente, la présence de dessins pour le projet du théâtre de la Gaîté, construit en 1862-64. Autour de ces lieux publics se construit entre 1831 et 1900 une extraordinaire quantité d’immeubles, dont l’architecture est sévèrement réglementée par la loi de 1859.
Les peintres de la vie moderne
Avec le renouveau de l’architecture de la ville vient le renouveau de sa peinture. Manet, Degas, Monet, Renoir, Caillebotte, Pissarro, peignent la ville, la poésie urbaine, l’esprit des rues, celui qui danse dans les bals, qui fréquente opéras et théâtres, s’amuse au cirque, joue aux courses. Esprit des cafés et de la déambulation élégante qui culmine dans la figure du dandy, présentée dans un texte d’une rare pertinence (qui en est l’auteur ?) à côté d’un portrait de Robert de Montesquiou par Giovanni Boldini. Des représentations du plaisir et du raffinement qui prennent d’autant plus de valeur que la suite de l’exposition nous rappelle qu’elles se vivent malgré des menaces, celles de la guerre de 1870 puis des attentats des années 1892-94. L’exposition m’invite à définir le dandysme comme l’art de vivre élégamment dans une tragédie, et aussi à continuer de privilégier l’écriture des billets de ce blog à la plume, dans un carnet, au fil de mes balades dans les rues de Paris, en parfait accord j’en suis certain avec ce qu’en dirait le plus flamboyant des représentants vivants du dandysme, le comte Massimiliano Mocchia Di Coggiola, qui lit peut-être ces lignes !

Giovanni Boldini - Portrait de Robert de Montesquiou
Paris au temps des impressionnistes plaît beaucoup et les visiteurs sont présents en nombre pour cette exposition riche et pourtant gratuite, qui nous fait mieux connaître et donc encore plus apprécier notre ville où toute balade est aussi un voyage dans le temps et dans l’art. Je m’emporte ! Un grand merci à Marine Baptiste de la Ville de Paris qui m’a facilité l’entrée à l’Hôtel de Ville, à bientôt !