Art contemporain Archive

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Indian Highway IV, au musée d’art contemporain de Lyon

La note de Carpe Webem : ★★★

Certes, cette exposition est terminée (elle avait lieu du 24 février au 31 juillet 2011), mais je voulais quand même publier ma chronique pour archive, parce que cette quatrième étape d’Indian Highway répond à l’exposition Paris-Delhi-Bombay proposée en ce moment au Centre Pompidou, et aussi parce qu’il m’arrive rarement de voir des expositions hors de l’Ile de France.

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Paris – Delhi – Bombay…, au Centre Pompidou

La note de Carpe Webem : ★★☆

Du 25 mai au 19 septembre 2011, le Centre Pompidou invite près de 50 artistes français et indiens dans le but d’ouvrir un dialogue sur l’Inde d’aujourd’hui. Plus des deux tiers des artistes ont créé une oeuvre spécifique pour cette exposition/correspondance qui s’articule en six thèmes de civilisation. La discussion démarre-t-elle ?

En entrant dans l’exposition (je ne parle pas de l’oeuvre d’ORLAN qui orne l’entrée… j’aime bien ce qu’elle a fait au XXe siècle), deux oeuvres monumentales entrent dans notre champ de vision et annoncent le thème par un contraste saisissant : au fond, la tête sculptée de femme indienne de Ravinder Reddy et son évocation de la culture indienne traditionnelle ; à gauche, le mur de matériel informatique abandonné de Krishnaraj Chonat qui, lui, évoque le poids économique de l’Inde d’aujourd’hui, en particulier dans le domaine des nouvelles technologies… et l’empreinte que ce poids ne manque pas d’imprimer.

L’exposition est ensuite divisée en six sections qui adressent la situation de l’Inde contemporaine : politique, urbanisme et environnement, religion, foyer, identité, artisanat. Elles rayonnent autour d’un espace central qui donne des repères historiques et géographiques pour découvrir ou mieux comprendre la société indienne. Une organisation intéressante de l’exposition qui utilise des pictogrammes pour repérer les différents espaces. On regrettera toutefois, dans l’espace central, l’emploi d’une écriture grise sur un fond orange vif qui rend la lecture assez vite pénible.

Un mot sur la thématique et les objectifs de l’exposition, avant de parler des oeuvres exposées. J’avais une crainte a priori en imaginant une exposition qui vise à m’instruire sur un sujet, ici civilisationnel, en usant d’oeuvres d’art de commande. Qu’on m’entretienne d’un sujet historique avec des archives, c’est normal. L’art comme média, ça continue de me gêner… Je ne vais pas élaborer ici sur le statut des oeuvres de commande, je ne suis pas forcément contre. Mais si je suis persuadé que le génie dans le travail du commissaire d’exposition c’est de mettre en lumière des tensions et un dialogue entre des artistes et/ou des oeuvres, je ne crois pas que ce dialogue puisse être placé comme objectif avant même la réalisation des oeuvres.

Mais voyons ce qu’il en est, passons aux sections de l’exposition. Dans Politique, je note l’oeuvre de Sunil Gawde, une guirlande de fleurs qui aurait toute l’apparence de la douceur et de la convivialité si elle n’était pas faite d’autant de lames de rasoir qu’elle semble compter de pétales : évocation d’assassinats de personnalités politiques indiennes sous couvert de fêtes et de cadeaux. Dans la section Urbanisme et environnement, Hema Upadhyay renverse, verticalise, maquettise pour mettre sous nos yeux et autour de nous une représentation du bidonville de Dharavi à Bombay, qu’on ne peut pas, plus feindre de ne pas avoir vu. Notez que je n’ai pas encore parlé d’artistes français, qui me semblent rares à toucher juste. Dans la section Religion, ils s’en sont pourtant donné à coeur joie avec des Pierre & Gilles qui foncent joyeusement dans le cliché chatoyant, et un Loris Gréaud hélas un peu hors sujet. Si, Philippe Ramette signe une très, très belle oeuvre. Dans la section Foyer, le célèbre Subodh Gupta laisse une installation gigantesque et qui marque. Des autres oeuvres, on attendrait un peu plus, du coup. J’ai aimé, dans la section Identité, la collaboration entre Pushpamala N. et le studio Harcourt : ils placent la rencontre à l’origine de l’oeuvre plutôt qu’au moment de l’exposition, c’est sûrement une bonne piste pour aborder la question posée. Enfin, dans la section Artisanat, Jean-Michel Othoniel m’incite à repenser mon jugement sur la pertinence des artistes français et sur la possibilité d’une rencontre préméditée, en proposant une sculpture-instrument envoûtante, à la fois parfaitement intégrée dans les oeuvres indiennes et définitivement… Othonielienne. Bravo.

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FutureNOW : Sophie Thomassin et Irina Volkonskii à la galerie My Private Art Room

Je vous avais annoncé l’exposition FutureNOW à la galerie My Private Art Room des oeuvres de Sophie Thomassin et Irina Volkonskii, curated by Axelle Emden. Je suis allé jeudi dernier au vernissage de cette expo que je vous conseille de découvrir pendant les journées nomades du Marais, de demain à dimanche !

Avant toute chose, je vous envoie sur le site de l’exposition.

Comme je l’ai déjà écrit, j’ai appris l’accrochage de cette exposition par l’intermédiaire d’Axelle Emden. Je n’ai jamais pris le temps d’expliquer ici ma manière de voir le travail de commissaire d’exposition, à savoir déjà faire se parler des oeuvres, les faire résonner ensemble, d’une manière à la fois émotionnelle et philosophique, et de ce langage faire émerger un message qui n’existe que par la relation entre les oeuvres, un noyau poétique qui dépasse l’exprimable, comme une nouvelle oeuvre, celle du curator. Axelle, c’est la première fois qu’elle est commissaire d’exposition… et elle est en plein dedans.

Irina Volkonskii et Sophie Thomassin

La première artiste invitée par Axelle, c’est Sophie Thomassin, et les oeuvres exposées sont des tableaux peints, disons, à l’aide de noir et d’autres couleurs vives, de formes enfantines mais conscientes d’un destin sombre, une fantaisie absurde et un sourire angoissé. La fantaisie de Sophie Thomassin parle à la liberté souriante en forme de révolte d’Irina Volkonskii : avec ses matriochkas sexy et féministes, ses crayons géants, ses robots inanimés couverts de strass, Irina s’étonne et dénonce avec autant de pureté et aussi peu de compromis que le ferait un enfant. En la voyant sourire et en voyant ses oeuvres, c’est Keats qui m’est revenu à l’esprit : « But I, being poor, have only my dreams. I lay them at your feet… Tread softly; for you tread on my dreams. »

A voir, et vite !

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The Feast of Trimalchio d’AES+F, à l’Art District du Royal Monceau

Art District, la galerie d’art du Royal Monceau, ouvre ses portes au public avec, du 11 mai au 25 juin 2011, , une exposition d’oeuvres d’art contemporain du collectif russe AES+F rassemblées sous le titre The Feast of Trimalchio, une relecture version palace et 2011 du Satyricon.

The Feast of Trimalchio. Allegory #8. The War of the Worlds. AES+F, 2010. digital collage, c-print on paper, Diasec®, 2 parts by 205x145 cm. Copyright © AES+F 2010-2011. Courtesy of Triumph Gallery, Moscow

Depuis l’ouverture de la nouvelle version du palace de l’avenue Hoche, on attendait avec impatience celle de sa galerie d’art, annoncée pour le printemps 2011. C’est chose faite depuis le 11 mai : dans une architecture intérieure à mi-chemin entre le white cube et la friche de style Palais de Tokyo, elle accueillera une programmation continue d’expositions ouvertes gratuitement au public du mardi au samedi de 11h à 22h par une entrée au 41 avenue Hoche, séparée donc de l’entrée de l’Hôtel (au 37) par la boutique Le Royal Eclaireur qui ouvrira prochainement au 39.

The Feast of Trimalchio. Allegory #2. The Triumph of Asia. AES+F, 2010. digital collage, c-print on paper, Diasec®, 205x180 cm. Copyright © AES+F 2010-2011. Courtesy of Triumph Gallery, Moscow

Connaissez-vous le Satyricon ? C’est un roman satirique… dont on ne sait finalement pas grand chose de sûr. On ne sait pas trop quand il a été écrit, à quelle époque se passe le récit, on ne sait pas vraiment qui l’a écrit non plus, et il ne nous en reste que des fragments. On ne peut même pas se fier tout à fait au titre, qui aurait tout aussi bien le droit d’être Satiricon. Une sorte de satire avec des satyres qui se déroule dans une Rome décadente où Trimalcion, un ancien esclave, affranchi, nouveau riche, organise un opulent festin.

The Feast of Trimalchio. Allegory #3. The Triumph of Africa. AES+F, 2010. digital collage, c-print on paper, Diasec®, 205x180 cm. Copyright © AES+F 2010-2011. Courtesy of Triumph Gallery, Moscow

De quoi donner l’idée au célèbre groupe d’artistes contemporains russes d’en faire une relecture en costumes d’aujourd’hui… la décadence à nouveau, symbolisée par un palace sur une île consacrée au loisir ? Autour d’une pièce centrale sous la forme d’une vidéo de 68 minutes, l’exposition déploie des Allégories et un portfolio, celui des photos prises séparément pour ensuite recomposer par superposition sur un fond virtuel les Allégories. La vidéo est à différencier d’un film : elle est recomposée à partir de 75000 stills, on a véritablement affaire à une succession photographique qui introduit des cassures dans le mouvement naturel, comme pour nous mettre en présence d’automates aux postures antiques, qui jouent un drôle de jeu : les clients et le personnel du palace jouent leurs rôles puis les inversent dans une ambiance à la fois de combat et d’orgie suggérée, où chaque continent prend tour à tour l’avantage… la version AES+F de la colère de Priape pour avoir servi de l’oie sacrée au restaurant ?

The Feast of Trimalchio. Allegory #1. The Triumph of America. AES+F, 2010. digital collage, c-print on paper, Diasec®, 205x180 cm. Copyright © AES+F 2010-2011. Courtesy of Triumph Gallery, Moscow.

Une oeuvre qui remet en question les rôles de maître et esclave en les plaçant sous la forme de clients et personnel dans un hôtel luxueusement décadent, le tout dans la galerie d’un palace parisien, c’est un choix osé, décalé et (donc ?) efficace, une inauguration de galerie qui place en tout cas la barre très haut pour la suite !

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Monumenta 2011 : Anish Kapoor, une sculpture d’air, un Leviathan

Du 11 mai au 23 juin 2011, la Nef du Grand Palais héberge Monumenta 2011 : comme les années précédentes, une oeuvre monumentale d’un artiste contemporain, créée explicitement pour ce lieu. Cette année, c’est Anish Kapoor, sculpteur de formes idéalisées, qui se prête au jeu et nous offre Leviathan : une oeuvre, voire deux.

Dans Leviathan : luminescence rouge, alvéoles

D’abord une Inflatable structure

Invité à produire une oeuvre de l’envergure de la Nef du Grand Palais, Anish Kapoor a produit une forme et une couleur spécifiquement adaptée à l’immensité et au style Art nouveau de la Nef. Fidèle aux intentions qui caractérisent son oeuvre, Kapoor s’oriente vers la canonicité, l’idéalité d’une forme qui se libère de la main de l’artiste. Elle n’est alors plus qu’une expression épurée, une question, des questions ou plutôt des doutes sur la dualité de toute son expérience : animé/inanimé, ouvert/fermé, intérieur/extérieur, plein/vide, lumière/pénombre, peinture/sculpture. Pour aller encore plus loin, on peut avancer que l’objectif est même de se libérer du matériau solide : le sculpteur procède normalement par assemblage, en ajoutant de la matière, ou par taille, en enlevant de la matière. Dans cette Inflatable structure, la forme n’existerait pas sans l’air qu’elle contient, c’est une sculpture d’air sous surpression de 100m de long dans un espace où la pression est normale, sa « peau » n’est épaisse que de 2mm.

La structure de la nef commence à apparaître.

… puis un Leviathan

Si Inflatable structure pouvait désigner le projet (par opposition à l’autre projet d’Anish Kapoor, Entropic landscape dont nous parlerons dans un autre billet), ce n’était pas le titre de l’oeuvre. Kapoor a longtemps résisté aux demandes incessantes de lui donner un nom. Le faire, surtout lorsqu’on choisit Leviathan, c’est immédiatement lui imposer des références si identifiables, si précises qu’elles la dénaturent, l’orientent. La dualité entre la sensation presque intra-utérine, protectrice et son contraire intra-stomacal menace de s’envoler lorsqu’on pense Leviathan. C’est ainsi que l’on peut se plaire à distinguer deux oeuvres : la sculpture, et son titre. A quoi renvoie Leviathan ? D’abord au monstre biblique, mais aussi à l’ouvrage de philosophie politique de Hobbes, et c’est plutôt à ce dernier qu’Anish Kapoor semble faire référence. Des pistes de réflexion par rapport à l’oeuvre ? Dans Leviathan, Hobbes défend la thèse selon laquelle l’absence de société, le fait de laisser l’humanité à l’état de nature mène au chaos, et que la seule solution pour y remédier est d’établir un solide gouvernement : c’est le contrat social entre sécurité et obéissance, qui s’il est rompu par un gouvernement n’assurant plus la sécurité, laisse les hommes revenir à l’état de nature. Je n’en dis pas plus… seulement que plus j’y pense et plus je me dis que Kapoor a peut-être voulu aller encore plus loin que ses prédécesseurs : Leviathan, c’est la sculpture et le Grand Palais.

Double architecture. Distorsion de la structure de la nef.

Les Monumenta se suivent mais ne se ressemblent pas, que ce soit dans leurs oeuvres ou dans la programmation culturelle qui les accompagnent. L’année dernière, Christian Boltanski proposait l’installation Personnes, dont je pense que je ne me remettrai jamais vraiment : une oeuvre profondément émotionnelle et profondément mentale, comme une reconstitution, qui ouvrait de nombreuses pistes d’analyse et de réflexion. Une douzaine de conférences sous forme de tables rondes d’intellectuels et d’artistes de tous horizons avaient donc été organisées : leur contenu était très riche, et j’avais retranscrit ici le contenu de plusieurs d’entre elles.
Leviathan est (présentée comme) une oeuvre beaucoup plus plastique, de l’ordre de la sensation, du corporel, une épreuve de l’ordre du questionnement sur la limite et la différenciation. Le choix qui a été fait n’est donc pas cette année de conceptualiser cette oeuvre depuis de nombreux points de vue théoriques, mais de la confronter à d’autres expériences sensorielles lors de rencontres, qu’elles soient architecturales, chorégraphiques ou musicales, et que vous retrouverez en nocturne les jeudi soir.

Une autre oeuvre ? En sommes-nous vraiment sortis ?

La volonté de Monumenta 2011, c’est donc de montrer comment durant six semines cette oeuvre va vivre ou abriter la vie. Au cours de la journée d’abord : de par ses propriétés physiques, elle offre un spectacle différent au petit matin, à midi, le soir, en plein soleil ou par temps couvert. Au cours des semaines ensuite, avec les rencontres artistiques des jeudi soir. Notez que pour vous permettre d’expérimenter l’oeuvre sous différentes lumières, les billets d’entrée seront valables toute la journée.

La forme et la couleur de Leviathan sont liées à la Nef.

Je n’ai volontairement pas raconté l’expérience que l’on vit en entrant dans Léviathan pour que vous ne vous y prépariez pas. Cela va bien au-delà de ce que l’on peut imaginer en voyant les images ci-dessus. Pour vous faire une idée, allez-y, et retournez-y. J’y suis entré trois fois et l’ai vécu trois fois différemment.

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FutureNOW à la galerie My Private Art Room

Du 13 au 29 mai 2011, la galerie My Private Art Room, comme à son habitude, laisse carte blanche à un curator invité, qui est cette fois-ci Axelle Emden.

J’ai découvert il y a quelques mois sur Twitter Axelle Emden. Je ne sais pas comment la décrire, tentons quelque chose de décousu pour juste vous rendre une impression que l’on peut avoir en lisant des tweets. I saw the best minds of my generation, [...] angelheaded hipsters burning for the ancient heavenly connection to the starry dynamo in the machinery of night. Quelqu’un qui vous donne l’impression de transformer Paris en une grande ville américaine, a city that never sleeps. Hyperactive et brillante. Alors forcément, une expo dont elle est curator, ça ne se rate pas.

Le futur, c’est maintenant. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de raison d’attendre de devenir ce que l’on veut être, parce qu’on ne peut pas attendre éternellement la vie, parce qu’elle est courte et que la fin peut survenir n’importe quand, demain ou dans cinquante ans. Parce que ça passe vite et demain viendra nous chercher de toute façon, et si on ne veut pas mourir de n’avoir rien fait de sa vie, alors il faut être fou un peu, et se dire que le futur commence maintenant, dans une seconde, deux, trois, et ça y est c’est déjà passé, vous voyez, le temps de la phrase j’ai défait le présent, le futur c’est une évidence, c’est maintenant. Maintenant ou jamais.

Alors si le futur, c’est maintenant, il ressemble à quoi ? A l’inquiétude autant qu’à la légèreté, à la préciosité de l’instant comme à la certitude du néant. Du coup il est coloré le futur, il est coloré et il peut briller même, mais le noir absolu sans cesse est présent, ou du moins latent. Le futur, ça ressemble à la couleur, il s’étale entre le noir et le blanc, exactement comme la vie, exactement. La vie qui s’installe entre la naissance et la mort, entre les rêves et la réalité, entre l’enfance et l’accident. La vie qui s’affale, nous rattrape, se prend… et se décide autant qu’elle ne se décide pas. Le futur, c’est une conjonction de choses qu’on veut et d’accidents. Un mélange de ce qu’on sait et de ce qu’on ne saura jamais. Un peu comme l’art. Un peu comme l’amour. Un peu comme la liberté, et le risque qu’il faut pour la prendre, pour créer, pour aimer.

Ce sont ces paradoxes et cette dialectique que ramassent en face à face les oeuvres d’Irina Volkonskii et de Sophie Thomassin. Des sculptures, des peintures, des drôles d’objets parfois comme le « jour blanc » de Sophie, un coussin dans lequel on a envie d’engouffrer nos visages comme dans une peluche de l’enfance, un coussin qui respire, et dont l’air se balade depuis son point lumineux, au centre, jusqu’à la barrière que l’artiste lui colle, la corde. Il respire autant qu’il étouffe, son oreiller, cet objet des nuits douces qui peut se transformer en un clin d’oeil en cauchemar, ou en arme du crime… Il respire autant qu’il étouffe, exactement comme les poupées « russes » d’Irina, qui asphyxient les jours les plus noirs des femmes derrière des couleurs vives et des formes assumées, enracinant leur liberté absolue dans ce qui était hier le symbole de leur captivité.

Que le futur soit maintenant, c’est une bonne nouvelle, ça donne envie d’attraper la vie immédiatement, mais c’est aussi excitant qu’inquiétant, et c’est ici que se répondent les deux artistes, les deux femmes, les deux tracés à quatre mains.

FutureNOW
Exposition du 13 au 29 mai 2011
My Private Art Room Galerie
22, rue Debelleyme, 75003, Paris

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Prix Société Générale d’art contemporain chinois, à la galerie Paris-Beijing

Du 14 au 26 avril 2011, la galerie Paris-Beijing expose les oeuvres des artistes nominés et récompensés par le prix Société Générale de l’art contemporain chinois de 2010.

Jiang Pengyi - Unregistered City No 2

La collection Socité Générale est née en 1995 avec la volonté de décorer les espaces intérieurs des tours inaugurées à la Défense. Aujourd’hui elle comprend 250 oeuvres d’art et environ 700 lithographies, et s’enrichit chaque année d’une dizaine de’acquisitions, d’artistes à la fois nouveaux et confirmés, sans distinction de région ou de forme d’oeuvre : peinture, photographie, sculpture…

Lu Chi Fan - Ponder on the Past

Le prix Société Générale de l’art contemporain chinois qui nous occupe aujourd’hui est le premier organisé par le groupe. Il a pour vocation à la fois de faire connaître de jeunes artistes et d’attirer l’attention sur l’art contemporain chinois. Le jury, composé de professionnels de l’art : galeristes, artistes, critiques, journalistes, après un choix entre 22 nominés, a décerné un grand prix et un prix spécial. Un prix du public a également été remis suite à un vote par des internautes sur le site www.sgchineseart.com.

Liu Xianfeng - I feel that you are leaning on my shoulders

L’exposition à la galerie Paris-Beijing présente les oeuvres des artistes primés et une partie de celles des artistes nominés. Je ne connaissais pas du tout l’art contemporain chinois et suis venu, curieux, à l’invitation d’Etienne que je remercie. J’ai découvert un langage nouveau, qui m’a parlé de ce qu’ont pu ressentir les chinois face au bouleversement de la culture ancestrale et à l’arrivée d’une culture de masse mondialisée et capitaliste. On voit la ville ultra-moderne s’installer dans, sur les décors classiques, on lit une douleur s’exprimer avec une infinie douceur, et une part de rêve, comme un espoir poli et fou. Dépêchez-vous, l’exposition se termine dans quelques jours !