Alice au Pays des Merveilles vue par Tim Burton pour Disney

Ce mercredi sort le film de Tim Burton pour Disney librement inspiré de l’oeuvre de Lewis Carroll, plutôt construit comme un retour, une suite du Pays des Merveilles. Avec Mia Wasikowska (Alice), Johnny Depp (le chapelier), Helena Bonham Carter (la reine rouge), Anne Hathaway (la reine blanche). Un très beau film par ses images, et un texte magnifique, mais…

Pourquoi un corbeau ressemble-t-il à un bureau ?

C’est grâce à Viinz et au Club 300 Allociné que j’ai pu voir, il y a quelques jours, ce film en avant-première au MK2 Bibliothèque. Avec une immense surprise : la visite pendant quelques minutes de Tim Burton ! Une intervention très contrôlée, surveillée, minutée, mais qui a tout de même permis de ressentir la présence très particulière de Burton, des mimiques, une démarche, des gestes, ceux du créateur de mondes aussi féériques que sombres que l’on apprécie tant. Dans ce film, il se permet de faire revenir à 19 ans Alice au Pays des Merveilles, et de reprendre à la fois des scènes du roman Alice in Wonderland et de sa suite Through the looking glass, avec un rôle devenu très important du chapelier interprété par Johnny Depp.

– Article Quarante-Deux : Toute personne dépassant un kilomètre de haut doit quitter le Tribunal.
– Cet article ne fait pas partie du code : vous venez de l’inventer à l’instant.
– C’est l’article le plus ancien du code, dit le Roi.
– En ce cas, il devrait porter le Numéro Un.

Comme je l’ai écrit dans le chapeau, tout cela est très beau, et la langue anglaise est maniée avec excellence et toute l’espièglerie qu’il se doit, ce qui en fait un film à voir. Reste que les amoureux des mondes torturés et grandioses, macabres et joyeux, de Tim Burton, se sentiront un peu à l’étroit dans une trame compatible Disney. Et ceux qui comme moi vénèrent l’oeuvre de Lewis Carroll en tant que texte ultra-signifiant jusque dans son absurdité, leçon ou plutôt non-leçon de liberté totale, multiples axes et niveaux de lecture poussant au questionnement du moindre pseudo-acquis, resteront un peu sur leur faim. Même si. Même si Burton, comme on pouvait l’attendre, a su instiller notamment dans quelques phrases, dans quelques regards du chapelier et de la reine blanche, une incertitude, un risque, une dérive naturelle crainte et refoulée. En bref, quand on connait, pour toutes les raisons que j’ai énoncées plus haut, la quasi-impossibilité d’adapter Alice au cinéma, et ces moments de liberté de Burton, je pense qu’on peut dire qu’il est, avec les frères Wachowski qui ont écrit leur propre adaptation d’Alice avec Matrix, le seul réalisateur capable de porter au cinéma ce chef d’oeuvre de la littérature.

J’ai souvent vu un chat sans un sourire, mais jamais un sourire sans un chat !

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3 commentaires

  1. 21 mars 2010
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    J’en peux plus de l’attendre ce film …. Pourquoi je vis pas sur Paris pour avoir des avant-première comme ça ???? (je ne commente pas habituellement, quoique je lise régulièrement, by the way).

    En tout cas, de revoir la BA … Aaaah, j’ai hâte !

  2. Guillaume Ansanay-Alex
    21 mars 2010
    Répondre

    LN :: Rassure-toi, même en étant sur Paris, les places étaient rares, je ne devais pas avoir cette chance normalement, j’ai pu être le « +1 » de Viinz au dernier moment !

    Et je suis très content d’avoir des habitués, même non commentateurs (je commente moi-même très peu les blogs que je lis), c’est motivant de se dire que des lecteurs reviennent, qu’il n’y a pas que des visites ponctuelles des arrivants de Google, si nombreux qu’ils soient. Merci !

  3. 25 mars 2010
    Répondre

    J’ai vu le film hier , vraiment magnifique… ( sachant que oui je l’avoue…je ne connaissais pas très bien l’histoire originale !!)

    En revanche très déçue par le choix de A. Hathaway pour ce film.
    Je n’aime pas du tout le contraste sourcils noirs/reste blanc qui lui donne un air méchant plus qu’un air  » pur ».

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