Archive pour mars, 2010

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Les dandys, dans l’oeuvre de Balzac, chez lui

Jusqu’au 3 avril, la maison de Balzac expose un accrochage gratuit de son fonds, sélectionné pour refléter la présence des dandys dans l’oeuvre d’Honoré de Balzac, lui-même dandy ou aspirant à l’être, auteur, outre son immense oeuvre, d’un « Traité de la vie élégante ».

« J’ai créé la secte des Cannophiles dans le monde élégant et l’on me prend pour un homme frivole. » Honoré de Balzac, Lettre à Mme Hanska, 1834

Les dandys sont nombreux dans l’oeuvre de Balzac : Henri de Marsay, Rastignac, Victurnien d’Esgrignon, Lucien de Rubempré, La Palférine, … lithographiés tout comme de nombreux dandys parisiens au XIXème siècle, dont furent non seulement Balzac et sa canne à ébullition de turquoises qui a tant fait jaser, mais aussi Delacroix, Gautier, ou Barbey d’Aurevilly, tous héritiers du grand Brummell. L’exposition présente vingt-trois lithographies et quelques manuscrits dans deux pièces du sous-sol de la maison de Balzac, écrin préservé au coeur du seizième arrondissement, avec un agréable jardin, quelques chaises en fer forgé. L’accès au jardin, aux expositions permanentes et temporaires de la maison sont gratuits, seuls les parcours accompagnés sont payants.

« La vie élégante est l’exercice de la raison, nécessairement accompagné de celui des sens, de l’imagination et du coeur, qui, se mêlant aux institutions primitives, aux illuminations immédiates de l’animalisme, va teignant la vie de ses couleurs ». Victor Cousin

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Foire Internationale : Dessins du 21ème siècle, des découvertes !

Du 26 au 28 mars 2010, la Foire Internationale : Dessins du 21ème siècle rassemble cinquante-six étudiants actuellement en cursus universitaire dans seize écoles d’art de neuf pays d’Europe, qui présentent leurs oeuvres. Certains d’entre eux pourraient bien être les artistes européens de demain.

Pour sa deuxième année d’existence, la FID confirme sa position distincte des autres salons de la Semaine du Dessin, en tant que foire prospective. L’année dernière, la FID présentait six étudiants de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris. Cette année, ce sont cinquante-six étudiants dans seize écoles d’art de neuf pays, et une nouveauté, la remise du prix de la FID, qui offre à l’étudiant choisi par le jury une exposition dans la galerie Hadrien de Montferrand à Pékin. C’est à Kristina Heckova, étudiante à l’ENSBA Paris, que ce prix a été offert, hier soir.

Parmi tous les étudiants présentés lors de cet événement se trouvent certainement quelques uns des artistes européens de demain. Je me suis prêté au jeu de la prospective, encouragé par l’organisation d’un vote non plus du jury mais des visiteurs, et qui permettra de remettre, demain à 17 heures, de connaître les étudiants préférés du public. Pour moi, dans ces cinquante-six étudiants, nombreux sont ceux qui ont atteint une véritable maîtrise du dessin, ce qui se traduit dans la foire par de nombreuses oeuvres d’étude, ainsi que des séries autour d’idées originales. Chez certains d’entre eux, plus rares, on ressent quelque chose de plus précieux encore : un dessin qui dépasse la seule création esthétique pour devenir un véritable moyen d’expression, une ouverture vers un univers personnel, ainsi qu’un trait distinctif, pas forcément dans la technique, mais plutôt dans les types d’émotion qu’il soulève, les questions qu’il pose, la musique qui s’en échappe.

Aussi, je souhaite vous présenter ici deux jeunes artistes dont les oeuvres, d’abord m’ont touché, et me semblent illustrer ce que je viens d’écrire. Il s’agit de :

  • Aurélie Gravelat, étudiante en sixième année à l’Académie Royale des Beaux Arts de Bruxelles,

  • Déplacement, taille réelle 1,50m x 2,20m
  • et Lise Stoufflet, étudiante en première année à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris, qui présente certaines de ses oeuvres sur son blog.

Lecteurs, retenez ces noms ! Galeristes, lancez-vous, exposez leurs dessins !

Edit du 29 mars : Lise Stoufflet a remporté hier le prix du Public de la FID ! Je ne suis pas peu fier de ma sélection…

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La Centrale d’Elisabeth Filhol, prix France Culture – Télérama

La nouvelle est tombée avant-hier : Elisabeth Filhol est la lauréate du prix France Culture – Télérama 2010, pour son premier roman La Centrale.

Le prix lui sera remis ce soir à 19h, au Salon du Livre, à l’occasion de la soirée d’ouverture. Soirée d’ouverture où je serai présent, grâce à France Culture, qui a eu la gentillesse d’inviter le fidèle auditeur que je suis.

Le roman d’Elisabeth Filhol ouvre les yeux sur les conditions de vie et de travail des ouvriers intérimaires des centrales nucléaires, ceux que l’on envoie effectuer des travaux de maintenance dans les points potentiellement les plus radioactifs d’une installation. Pour eux, le risque principal est celui de recevoir accidentellement une dose importante de radiations qui, outre sa nocivité, place l’ouvrier au-delà de la limite annuelle d’exposition, et le contraint au chômage technique… Des vies peu connues, cachées derrière les multiples contrôles de sécurité. Elisabeth Filhol les décrit avec une plume sensible, réaliste, extrêmement précise, de la formation de l’ouvrier à la surdose en passant par l’irruption des écologistes, avec toujours ce personnage de la centrale, à la fois scène, seule solution mais aussi seule cause du malheur de l’ouvrier intérimaire.

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Doisneau à la fondation Henri Cartier-Bresson, Du métier à l’oeuvre

La fondation Henri Cartier-Bresson propose depuis le 13 janvier et jusqu’au 18 avril 2010 une sélection d’épreuves originales de Robert Doisneau montrant comment il est passé « Du métier à l’oeuvre ». Un nouveau regard sur une oeuvre intimement psychique.

L’exposition, nichée dans le charmant immeuble du XIVème arrondissement de la fondation Cartier-Bresson, propose une sélection d’une centaine d’images qui montrent autre chose qu’un simple photographe du pittoresque parisien et de ses anecdotes. On y trouve les débuts de Doisneau, ses photos de commande qui le poussent à arpenter les rues de Paris mais aussi de banlieue, et à commencer à prendre quelques photos beaucoup plus intimistes, beaucoup plus personnelles, ces photos qui savent mêler le monde intérieur au monde extérieur… Des photos d’un artiste malgré lui, d’un photographe angoissé.

Doisneau possède une telle capacité à s’imprégner de la vie, de l’existence d’autrui, si folle qu’elle soit, qu’il sait, du plus dévasté des visages faire surgir une lueur, un monde entier, les sentiments les plus secrets. Pour porter ainsi la photographie au rang de maïeutique, il doit tant s’impliquer, s’imprégner de son sujet, que chacun de ses portraits s’apparente à un autoportrait. J’aime tant citer Wilde que je ne vais pas résister : « Every portrait that is painted with feeling is a portrait of the artist, not of the sitter. » (dans The Picture of Dorian Gray).

L’exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson, à travers le choix des images (même si celles du dossier de presse ne sont pas pour moi les plus significatives), les textes de Jean-François Chevrier extraits du catalogue, ainsi que les citations de Doisneau ou de Prévert, servent parfaitement ce portrait de l’artiste. Courez-y.

Terminons en citant justement ce cher Prévert, qui a merveilleusement écrit Doisneau :
« Le Rolleiflex ou la boite de Pandore, ça sort de la même usine que personne n’a jamais trouvé. »
« C’est toujours à l’imparfait de l’objectif que tu conjugues le verbe photographier.« 

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Le salon Art Paris + Guests 2010, la foire de l’art contemporain

Aujourd’hui se termine au Grand Palais le salon Art Paris + Guests, où 106 galeries présentaient les oeuvres de centaines d’artistes aux styles et origines des plus variés. Visite.

Les avis sur le salon Art Paris sont, disons-le, pour le moins partagés. Par sa présentation en tant que foire, d’abord, qui pose encore une fois une question, la question, celle de la marchandisation, du marketing de l’art. D’où ma curiosité en même temps que ma réticence à payer les 20 € de l’entrée… résolue grâce, encore une fois, à ce cher Viinz qui cédait une invitation sur son blog, invitation de la part de la galerie Nathalie Gaillard, qui héberge le projet Lost Dog Connection.

Quand comme moi on s’est imprégné à plusieurs reprises de l’ambiance de l’oeuvre de Boltanski dans le Grand Palais, entrer dans Art Paris est un choc. White cubes à perte de vue, affiches standardisées pour les noms des galeries. Scénographies qui peinent à accrocher à cause de la profusion. Galeries riches plus grandes que les galeries pauvres, multiplicité des artistes sur une petite surface… rien que de très attendu pour une foire de l’art, mais pas la meilleure manière de mettre en valeur les artistes. On croise quelques riches excentriques, quelques riches non excentriques, certains achètent sur place des oeuvres.

Toutefois, malgré ce constat, on peut quand même avoir des coups de coeur. Je tenais à ne rien rater, même et surtout de discret, aussi j’ai passé trois heures dans les allées du Grand Palais, et j’ai déniché quelques futures visites, et même pour vous, quelques futurs billets :

  • La Galerie de l’Instant, 46 rue de Poitou dans le 3ème, expose des photos qu’on voudrait avoir près de soi, chez soi. Des photos des Rolling Stones et de Marilyn Monroe, des photos prises par Richard Avedon ou par Patrick Demarchelier,… L’expo actuelle est justement centrée autour de Marilyn Monroe, et ceux qui me connaissent savent que je ne peux que craquer, j’y serai très bientôt.
  • La Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine dans le 6ème, expose les artistes surréalistes, les artistes ayant eu une période surréaliste, ou se plaçant en marge du surréalisme. Là encore, c’est une passion personnelle pour ce mouvement artistique.
  • Et enfin, la Galerie Rabouan Moussion, 121 rue Vieille du Temple dans le 3ème, qui expose beaucoup d’oeuvres d’artistes contemporains russes, là encore je suis touché immédiatement, ainsi que l’oeuvre moqueuse de l’artiste française Mary Sue.
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Elections régionales : un changement du paysage politique

Hier soir, aux élections régionales, large victoire de la gauche, mais pas de Grand Chelem. La gauche récolte 54,3% des voix au niveau national contre 36,1% pour la droite.

La politique est loin d’être le sujet principal de Carpe Webem, mais il faut saluer la qualité du widget conçu par Le Monde :


Ces résultats des élections régionales s’accompagnent de deux annonces qui pourraient changer le paysage politique : Daniel Cohn-Bendit fait son « appel du 22 mars » aux écologistes pour créer une nouvelle formation politique, et Dominique de Villepin annonce la création d’un nouveau parti gaulliste.

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Alice au Pays des Merveilles vue par Tim Burton pour Disney

Ce mercredi sort le film de Tim Burton pour Disney librement inspiré de l’oeuvre de Lewis Carroll, plutôt construit comme un retour, une suite du Pays des Merveilles. Avec Mia Wasikowska (Alice), Johnny Depp (le chapelier), Helena Bonham Carter (la reine rouge), Anne Hathaway (la reine blanche). Un très beau film par ses images, et un texte magnifique, mais…

Pourquoi un corbeau ressemble-t-il à un bureau ?

C’est grâce à Viinz et au Club 300 Allociné que j’ai pu voir, il y a quelques jours, ce film en avant-première au MK2 Bibliothèque. Avec une immense surprise : la visite pendant quelques minutes de Tim Burton ! Une intervention très contrôlée, surveillée, minutée, mais qui a tout de même permis de ressentir la présence très particulière de Burton, des mimiques, une démarche, des gestes, ceux du créateur de mondes aussi féériques que sombres que l’on apprécie tant. Dans ce film, il se permet de faire revenir à 19 ans Alice au Pays des Merveilles, et de reprendre à la fois des scènes du roman Alice in Wonderland et de sa suite Through the looking glass, avec un rôle devenu très important du chapelier interprété par Johnny Depp.

- Article Quarante-Deux : Toute personne dépassant un kilomètre de haut doit quitter le Tribunal.
- Cet article ne fait pas partie du code : vous venez de l’inventer à l’instant.
- C’est l’article le plus ancien du code, dit le Roi.
- En ce cas, il devrait porter le Numéro Un.

Comme je l’ai écrit dans le chapeau, tout cela est très beau, et la langue anglaise est maniée avec excellence et toute l’espièglerie qu’il se doit, ce qui en fait un film à voir. Reste que les amoureux des mondes torturés et grandioses, macabres et joyeux, de Tim Burton, se sentiront un peu à l’étroit dans une trame compatible Disney. Et ceux qui comme moi vénèrent l’oeuvre de Lewis Carroll en tant que texte ultra-signifiant jusque dans son absurdité, leçon ou plutôt non-leçon de liberté totale, multiples axes et niveaux de lecture poussant au questionnement du moindre pseudo-acquis, resteront un peu sur leur faim. Même si. Même si Burton, comme on pouvait l’attendre, a su instiller notamment dans quelques phrases, dans quelques regards du chapelier et de la reine blanche, une incertitude, un risque, une dérive naturelle crainte et refoulée. En bref, quand on connait, pour toutes les raisons que j’ai énoncées plus haut, la quasi-impossibilité d’adapter Alice au cinéma, et ces moments de liberté de Burton, je pense qu’on peut dire qu’il est, avec les frères Wachowski qui ont écrit leur propre adaptation d’Alice avec Matrix, le seul réalisateur capable de porter au cinéma ce chef d’oeuvre de la littérature.

J’ai souvent vu un chat sans un sourire, mais jamais un sourire sans un chat !