Un nouveau Palais de Tokyo

Si vous êtes attentifs aux actualités de l’art contemporain parisien, il ne vous aura pas échappé que le Palais de Tokyo a fermé ses portes pendant 10 mois, qu’il s’est entr’ouvert pendant 30 heures les 12 et 13 avril, que son directeur est désormais Jean de Loisy, et qu’il a réouvert le 19 avril pour le vernissage du premier événement de sa nouvelle vie : la Triennale. Pendant tout ce temps, de grands travaux lui ont permis de mettre au jour de nombreux espaces jusqu’alors inconnus.

Vue de l'(Entre)ouverture du Palais de Tokyo (Paris) / © Cheik/CNDprod

Les deux demi-niveaux que vous connaissiez (si l’on omet l’espace VIP qui s’étendait au premier étage et qui s’ajoutera aux nouveaux espaces) sont complétés par deux nouveaux grands étages, et plusieurs salles de projection héritées de l’ancienne cinémathèque. Ce qui était avant le rez-de-chaussée est à présent le niveau 2, au dessous duquel vous allez découvrir le niveau 1 avec un grand hall déjà aperçu pour l’exposition Rachel, Monique de Sophie Calle. Il était alors sombre : ses fenêtres ont été dévoilées pour en faire un grand espace lumineux donnant sur les alentours. On retrouvera d’ailleurs à cet étage dès septembre un nouveau restaurant avec vue sur la Tour Eiffel. En s’éloignant du hall on revient vers des zones plus sombres et plus en friche, et notamment vers une buvette : Un instant mon petit, ouverte pour le temps de la Triennale et gérée par des étudiants de l’école des Arts Décoratifs. Cartons peints à la main en guise d’enseignes, planches de bois récupérées sur le chantier du Palais en guise de tables, une ambiance cheap et underground.
En descendant au niveau 0, la pénombre se fait froide et humide, les oeuvres grinçantes se ressentent plus fort, le sol n’est plus lisse mais irrégulier, poussiéreux. A tel point qu’après s’être habitué à la pénombre, c’est en ressortant à l’air libre et à la lumière que la transition est étrange.

Vue du niveau 0 depuis le niveau 1, dans la partie la plus en friche du Palais

Au total, on passe ainsi de 8 000 m2 d’espace d’exposition à presque trois fois plus : 22 000 m2 s’offrent aux nouveaux visiteurs dans ce nouveau Palais de Tokyo, un palais version 2.0 ?
Mon clin d’oeil n’est pas innocent. Le Palais de Tokyo a maintenant la latitude de créer un lieu de vie avec une signature qui rappelle l’activité berlinoise, encore réaffirmée. Il peut fédérer une communauté créative et proactive qui se retrouvera dans un palais qui pourrait jouer le rôle d’incubateur. Il peut développer une offre inventive et décalée de médiation, à l’image du Mac/Val, mon musée d’art contemporain préféré. A ce jour, le Palais ne s’est pas investi dans la construction d’un réseau virtuel qui compléterait ce nouveau bâtiment en étant capable de l’innerver, lui faisant faire un pas décisif en donnant à Paris un lieu incontournable de l’art contemporain in progress. Wait and see…

Merci beaucoup à @MayaMilky et @Stylegenre qui m’ont guidé dans mes visites du Palais !

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