Théâtre Archive

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La chronique théâtre de Serena

(Non, ne vous méprenez pas à la lecture de ce titre, je n’ai malheureusement pas la chance d’avoir une co-blogueuse nommée Serena et parlant à merveille de théâtre. Il va falloir vous contenter de moi.)

Vous vous souvenez de Serena, la joyeuse italienne qui a gagné l’émission de télé-réalité Nice People ? Moi je l’aimais bien, j’avais même voté pour elle.

Aujourd’hui, pourquoi est-ce que je vous parle d’elle ? Parce que je viens de voir qu’elle fait une chronique sur France 3 Paris (désolé pour la province) dans l’émission de Paul Wermus, « On en parle à Paris », diffusée tous les dimanches à 11h30. Et une chronique qui nous intéresse tout particulièrement, puisque chaque semaine elle parle de théâtre !

Je vous laisse aller voir les archives de l’émission sur le site de France 3

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Médée, de Jean Anouilh, au Vingtième théâtre

Quoi qu’en disent le Nouvel Observateur et autres organes de presse, l’influence du blogueur a ses limites. J’en veux pour preuve ce twitt :

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J’exhortai alors mes followers à me suivre pour voir Médée de Anouilh au Vingtième théâtre.

Je ne reçus aucune réponse. Je commandai donc une place sur Ticketac (très bon site, je recommande).

Soit. Je suis un blogueur incompris.

Que s’est-il passé avant que le rideau ne se lève ? Pour permettre à Jason de voler la Toison d’Or et de fuir, Médée a trahi sa famille puis massacré son propre frère. Elle fuit avec lui. Pour elle, le monde entier est Jason.

Jason est, lui, fondamentalement médiocre. Sans les sacrifices de Médée, il n’aurait rien pu accomplir. Alors qu’ils fuyaient pour rejoindre la Grèce, Jason est entré dans le monde de Médée, fait de chaos, de combat, de résistance. Médée est de ceux qui n’acceptent pas, ne se résignent pas, ne se contentent pas d’illusions mais regardent la noirceur en face.

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Aussi, quand Jason arrive à Corinthe, que le calme et le confort peuvent lui revenir, le combat l’inquiète, il veut essayer d’oublier la lutte permanente, quitte à vivre, non plus dans la fuite physique mais dans la fuite mentale. Il délaisse ainsi Médée, en lui avouant qu’elle est la femme qu’il associe à la lutte et au chaos. Celle qui s’est sacrifiée pour le rendre ce qu’il est devenu, il l’abandonne pour la blancheur de la fille du roi Créon. Il troque celle qui partage avec lui un passé contre celle qui a, peut-être, un avenir.

Médée n’a plus rien que sa haine. Elle est absolument forte, elle n’a plus rien à perdre. « Qu’est-ce que je ne peux pas ? », dit-elle. Elle ne veut pas de pitié, ayant semé la mort pour Jason elle n’a plus nulle part où aller, elle veut juste se venger et mourir. Jason voudrait pouvoir l’oublier, mais son passé, son présent et son avenir reposent sur elle.

Médée se venge en assassinant Créon et sa fille. Puis elle se suicide. Jason commence à comprendre. Pour lui, Médée aurait même pu accepter de vivre la vie d’illusions qu’on s’ébauche en écartant un peu de chaos autour de soi jusqu’à couler des vieux jours tristes. Dans la dernière scène, Jason conclut : « maintenant, il faut vivre ».

La situation modernisée de la pièce d’Anouilh place Médée dans une roulotte à proximité d’un village, mais cela ne nuit aucunement au texte et à l’émotion qui s’en dégage : le problème soulevé c’est celui d’une femme de l’absolu, qui aime absolument, lutte absolument, et de l’homme qu’elle a forgé mais qui reste sans commune mesure avec elle, qui reste trop humain, trop inconstant, à la recherche d’un bonheur facile, incomplet, à portée de main. On regrettera quelques frivolités incongrues dans la mise en scène, comme la mise et l’attitude du personnage de Créon et de ses acolytes, qui font plutôt penser à des gangsters gouailleux, peut-être pour renforcer le contraste avec Médée. Choix de mise en scène qui ne me satisfait pas, mais qui reste parfaitement interprété. Mais parlons de Médée : Elodie Navarre est exceptionnelle dans ce rôle extrêmement éprouvant, pour moi un des rôles les plus forts de la tragédie. Elle rend avec succès l’intransigeance et le refus de la pitié, l’amour absolu aussi bien que la haine absolue. Bravo.

Pour résumer, un spectacle sombre et bouleversant, que je recommande vivement, et que je suis prêt à revoir sans hésitation. A bon entendeur…

Médée, de Jean Anouilh
Mise en scène : Ladislas Chollat
Avec : Elodie Navarre, Gildas Bourdet, Sylviane Goudal, Benjamin Boyer, Grégory Vouland et Gilian Petrovski.
Au Vingtième théâtre, du 29 avril au 14 juin 2009, du mercredi au samedi à 21h30 et le dimanche à 17h30

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« Corrida », au théâtre du Rond-Point

Au départ, en lisant le nom de la pièce, j’ai un léger doute, vu que je ne suis pas spécialement fan du sujet. Mais en lisant les quelques lignes de présentation, je suis intrigué et rassuré : le toréro s’annonce bulgare et tout à fatit dénué d’arène et de taureaux. Des références au théâtre absurde : quelques moments Beckettiens entre les deux toréros, le rhinocéros, taureau intérimaire qui ne manque pas de rappeler Ionesco.

Un petit film a été tiré de la pièce et va vous permettre d’avoir une idée plus précise, et de voir les comédiens en jeu :

En un seul spectacle, c’est à la fois de l’étonnement, de l’émotion et du rire. A voir !

« Corrida », pièce de Denis Baronnet (éditée chez Actes-Sud papiers) mise en scène par Antoine Bourseiller, avec Alexandre Ruby, Steve Bedrossian, Pierre Khorsand et Michaël Vander-Meiren.

Au Théâtre du Rond Point du 29 avril au 30 mai 2009.