Radio, au musée des Arts et Métiers

La note de Carpe Webem : ★★★

Du 28 février au 2 septembre 2012, le musée des Arts et Métiers organise en collaboration avec Radio France une exposition consacrée à la radio : son évolution technique, des premiers récepteurs aux podcasts, mais aussi ses grandes heures.

L’espace d’exposition temporaire du musée des Arts et Métiers est un long couloir qui se prête bien aux expositions chronologiques. Pour Radio, le musée en prend son parti en construisant l’exposition autour d’une frise centrale qui n’est pas sans rappeler le sélecteur de stations des radios à réglage manuel.

Dès sa naissance et tout au long de son histoire, la radio reste un media de passion, associée à un esprit de liberté. Autant le dire tout de suite, c’est loin d’être le cas de la télévision, qui met en jeu une telle infrastructure qu’elle peut difficilement être personnelle ou clandestine, et si coûteuse qu’elle se situe hélas par définition dans une logique de rentabilité. Alors que, des sans-filistes aux podcasteurs en passant par la radio libre émise depuis Londres à destination des résistants du sol français, la liberté est cruciale. Alors que dans les expériences de création radiophonique, dans ces moments merveilleux de poésie sonore qui habitent nos (ou du moins mes) nuits, la question de la rentabilité ne devrait pas avoir droit de cité.

Vous l’aurez compris, j’aime la radio. J’aime les grands rendez-vous radiophoniques que j’ai pu connaître sur Radio France. J’aime les polaroïds de Marie Richeux, j’aime le dimanche matin Eclectik avec Rebecca Manzoni, j’aime les nuits sonores avec toutes les émissions qu’a pu créer Thomas Baumgartner. J’aime aussi les débats passionnés dans Le Masque et la Plume, dans l’Esprit Public, ou ceux plus calmes de la Rumeur du Monde.

L’exposition offre, au fil d’une chronologie des techniques qui permettra notamment de découvrir ou redécouvrir les premiers récepteurs à lampes ou les mythiques enregistreurs Nagra, de confortables espaces d’écoute qui permettent de revivre des grands moments de radio : les premières fictions radiophoniques, les premiers canulars aussi, et les différents concepts d’émissions qui ont accompagné l’évolution de la société et de ses goûts.

Aimant la voix, la radio et rêvant d’y contribuer, j’ai moi-même acheté il y a des mois un enregistreur, un Zoom H2. J’y ai une prise de son dans l’exposition Rachel, Monique de Sophie Calle : j’ai aimé isoler l’expérience sonore d’une exposition épurée comme celle-ci de son expérience visuelle. J’y ai aussi une interview avec une artiste, toujours pas publiée, je ne sais pas pourquoi je n’ose pas. Mais j’ai bien envie de me forcer un peu, et vous entendrez peut-être bientôt ici-même une interview…

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