Nature, rétrospective Nils-Udo au musée de la Poste

La note de Carpe Webem : ★★☆

Du 30 mai au 1er octobre 2011, le musée de la Poste consacre une rétrospective à l’oeuvre entre installations et peinture de l’artiste allemand Nils-Udo.

Si Nils-Udo « cherche à exprimer et traduire la puissance créatrice de la nature », ce n’est pas en l’immortalisant telle qu’elle se présente à lui, mais en intervenant sur sa forme, en créant des compositions qui rappellent celles que peuvent créer pour leur usage vital les animaux et les humains : nids, barques, murs. Dénonçant la dévastation de la nature par l’homme et voulant évoquer notre impermanence, il refuse l’étiquette d’artiste de Land Art, et pratique plutôt ce que l’on pourrait qualifier de Land Art éco-responsable.

S’il est plus connu pour ses installations et parmi celles-ci pour ses nids, Nils-Udo débute sa carrière par la peinture, la délaisse à cause de la représentation trop artificielle de la nature qu’elle lui semble offrir, et après plus de 30 ans de pratique de l’installation renoue avec la peinture, envisageant peut-être de s’y consacrer totalement.

Vue du dessus, l’exposition, mi-accrochage de photo mi-accrochage de peinture et ni l’un ni l’autre, représente ce va-et-vient sous la forme d’un cycle dans lequel se trouverait pris Nils-Udo, l’installation alimentant la peinture en matière, celle-ci l’épuisant. Ce qui me fait avancer que je ne crois pas à son abandon définitif de l’installation au profit de la peinture… du moins pas pour longtemps.

La transition entre installation et peinture, et entre peinture et installation si l’on décide de faire plusieurs tours du saṃsāra Nils-Udien, se fait de la manière la plus naturelle en passant par des représentations d’eau (amniotique ?) et par l’évanouissement de la couleur : de l’installation à la peinture par les tranquilles surfaces d’eau des sous-bois peintes à l’encre de Chine, de la peinture à l’installation par une série de bâtons progressivement recouverts par la mer.

L’accrochage se révèle donc pertinent. Chacun se fera son opinion sur les deux facettes de la pratique artistique de Nils-Udo. Pour ma part, ce sont les installations qui l’emportent avec quelques merveilles de sensibilité qui ne sont pas nécessairement les réalisations de plus grande échelle. On regrettera l’instrumentalisation réductrice faite par la Poste, qui associe l’exposition Nils-Udo à sa politique de développement durable dès les premières lignes du feuillet accompagnant l’exposition. Je ne nie pas le bien-fondé de l’initiative : je pense que c’est une chose qui se fait mais ne s’écrit pas.

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