L’Or des Incas : Origines et mystères, à la Pinacothèque

Après le succès de l’exposition « L’Anti-Cri » consacrée à Edvard Munch, du 10 septembre 2010 au 6 février 2011 la Pinacothèque expose « L’Or des Incas. Origines et mystères. » et retrace l’histoire des civilisations qui ont dominé les Andes. Malheureusement c’est obscur là où cela aurait pu être d’une éblouissante clarté.

Je n'ai pas aimé, point barre.

Dès l’entrée dans l’exposition, une première déception : où est l’audioguide ? Il n’y a pas (plus ?) d’audioguide comme on peut en trouver dans d’autres musées, il n’y a qu’une application iPhone à télécharger. Ce n’est même pas un fichier à lire sur tout périphérique, téléphone ou baladeur, non, c’est une appli iPhone. Donc, déjà, pour moi, pas d’audioguide.

On entre dans la première salle de l’exposition, dont l’objectif est de placer la civilisation inca comme héritière des ères qui l’ont précédée depuis le début de la période pré-céramique en 4000 avant notre ère. Pendant plus de 5000 ans les andins se sont développés, ont migré, ont échangé, on aurait donc pu le voir sur des cartes, des frises… mais non : ce que je viens de vous résumer est expliqué sous la forme de centaines de lignes de texte au style académique, certes précis mais rapidement abandonné par les visiteurs. Et ce n’est pas la dizaine de vitrines aux cartels succincts qui vont rendre limpide la présentation. A la sortie de cette salle, le public soupire, râle. J’engage la discussion avec deux personnes qui me confient leur désespoir : « Vous aussi vous trouvez que c’est lourd ? Vous nous rassurez, on commençait à croire qu’on était bêtes ! », et me souhaitent un bon courage pour la suite de la visite.

Même si la suite révèle plus de pièces et permet une meilleure immersion dans la vie, les rituels, la société inca, jusqu’aux momies qui constituent le point qui choque le public à la fin de la visite, la tonalité des textes reste chargée, et on continue de déplorer un manque d’illustrations, de schémas, ou simplement d’un lien plus étroit entre textes et pièces, ou au moins des cartels avec un peu plus de données de contexte…

Une vraie déception donc, pour un riche sujet dont on attendait beaucoup, c’est dommage… Mes conseils, si je puis me permettre, au minimum, faire réécrire les textes scientifiques initiaux de manière plus didactique en les divisant en textes plus courts adossés aux pièces qui les illustrent. Un peu mieux, ajouter des supports visuels : cartes, frises, schémas. Et réintégrer les audioguides classiques ! Les galeries nationales du Grand Palais ont sur ce plan adopté à mon avis la meilleure solution : les audioguides sont là, mais on peut télécharger le support sonore à moindre coût sur tout équipement muni d’un port USB.

Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine
75008 Paris
Billet plein tarif : 10 €, nocturne le mercredi jusqu’à 21h