« L’Espagne entre deux siècles » au Musée de l’Orangerie

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Du 7 octobre 2011 au 9 janvier 2012, le musée de l’Orangerie propose une vision panoramique des principaux artistes et des tendances dans l’art espagnol de la fin du XIXe siècle au début du XXe.

Hermen Anglada-Camarasa, Le Paon blanc 1904, Huile sur toile, MNAC, Barcelone

Un peu petit, un peu sombre, l’espace dédié aux expositions temporaires au Musée de l’Orangerie sait régulièrement se sublimer pour servir d’écrin à de très belles expositions, Paul Klee et la collection Beyeler ou Heinrich Kühn, pour en citer quelques unes récentes.

Sur un sujet à la fois lointain et familier, « L’Espagne entre deux Siècles » commence après et finit avant ce que le profane -moi-même et sans doute quelques autres-  identifie comme étant une peinture typiquement « espagnole ». Coincée entre Goya, Picasso et Dali, que faire, que dire de cet entre-deux, de cet entre-deux siècles ? Eh bien l’exposition relativise avec une grande intelligence ce qui serait un « trou » niché entre deux périodes fastes.

L’étroitesse des relations artistiques tissées entre artistes espagnols et français en cette fin de 19ème siècle explique pour partie la profonde empreinte laissée sur des artistes alors célèbres, aujourd’hui oubliés, tels que Zuloaga, Camarasa ou Solana.

Gorgé d’impressionnisme, le spectateur français croira – ce fut en tout cas ma faiblesse de départ – en saisir tous les clins d’œil, modèles et inspirations (qui de Gauguin, Manet ou Monet), alors qu’il faut faire un effort pour voir ce qui s’accomplit sous notre regard, sans doute parfois un peu blasé. Voir dans ce parcours une seule filiation avec les maîtres impressionistes français, certes repère et référence incontournable,  simplifierait trop l’exposition en la ramenant à une galerie d’hommages qui auraient été « hispanisés » par quelques motifs culturels et esthétiques. Il faut tendre le regard un peu plus vers ces visages, défaits et désirants, qui procurent un sentiment d’étrange modernité, dans lequels les femmes sont femmes, les scènes de genre et le genre lui-même, sont mouvants, comme dans cet obsédant « Paon Blanc », peint à Paris par Hermen Anglada Camarasa.

Et puis, nous apprenons à saisir l’importance de cette exposition qui a pour ambition de produire devant nos yeux l’instantané d’un pays en même temps qu’un extrait de son essence profonde.  Les tenants d’une Espagne « noire », à la palette sombre et focalisée sur la grandeur de l’art classique espagnol et d’une Espagne « blanche », tournée vers l’Europe et la lumière cohabitent ici librement et harmonieusement, partageant le même mur le temps d’un accrochage, entre Castille et Catalogne, dans un exil permettant la synthèse.

Autant de territoires à explorer, ce que fait avec grande intelligence le commissariat de l’exposition, naviguant entre des pôles souvent opposés, et ayant pu pour l’occasion rassembler des prêts venus de toute l’Espagne ainsi que de collections privées.

Une petite révolution, dans le velours de l’Orangerie, à voir pour sentir et penser.

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Informations pratiques

Tarifs : plein tarif 7,5 €, tarif réduit 5 €. A partir de 17h, tarif réduit pour tous les visiteurs : 5 €

Horaires : Ouvert tous les jours, sauf le mardi, le 1er mai, le matin du 14 juillet et le 25 décembre, de 9h à 18h (pas d’entrée après 17h30 – évacuation à 17h45)

Lieu : Musée de l’Orangerie, Jardin des Tuileries, 75001 Paris.

Plus d’infos sur le site du musée de l’Orangerie

Claire Solery

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