Interview d’Alice Santini, qui expose « La maison de. » à la Galerie Cub 7

J’aime vous faire découvrir les nouveaux et talentueux artistes que je rencontre. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’oeuvre d’Alice Santini, qui expose pour la première fois à la galerie Cub 7 ses photographies d’intérieurs, dont elle capte l’esprit après s’en être imprégnée. Interview.

Après avoir été major national de votre formation en photographie, vous intégrez l’école Louis Lumière que vous quittez quelques mois plus tard. C’est une singularité dans votre parcours qui mérite qu’on s’y intéresse. Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?

On me proposait tout le temps du travail, notamment beaucoup d’assistanat dans la mode, je savais que je me ferais de bien meilleures armes en étant sur le terrain et j’ai décidé de ne pas rater le coche même si j’étais encore très jeune, tout simplement.

C’est votre première exposition. Est-ce aussi votre premier contact avec le marché de l’art ?

En tant qu’artiste oui, en tant qu’amatrice d’art, non !

J’avoue être particulièrement intéressé par le contraste que vous apportez avec une grande partie de la production photographique qui traite essentiellement de l’extérieur. Pourquoi ce choix de l’intérieur ? Le fait qu’il soit un matériau cent pour cent humain le rend-il plus difficile à manipuler que la nature ?

L’intérieur reflète mieux l’esprit et les habitudes d’une famille, c’est à chaque fois ce qui m’a le plus frappé lorsque j’ai séjourné dans ces maisons, et donc ce que j’ai choisi de photographier. Mais pour les maisons qui ont un jardin, j’ai réalisé quelques images.

Au-delà des opportunités qui donnent la possibilité de photographier des intérieurs et pas d’autres, comment choisissez-vous l’intérieur que vous allez photographier ?

J’ai cherché des maisons qui n’étaient pas habitées durant l’année, dont l’occupation restait très occasionnelle, et qui correspondaient vraiment aux résidences secondaires : c’est-à-dire pas de location aux normes européennes, ni de construction trop récente, pour vraiment retrouver cet esprit de « maison de famille », qui diffère tant d’une maison à une autre. A chaque fois, j’ai procédé de la même manière : photographier le second jour de mon séjour là-bas, pendant 2h maximum, sans en refaire après ni y retourner.

Est-ce que tout intérieur révèle quelque chose de l’identité, de la personnalité de celui, celle qui l’occupe ? Votre intervention vient-elle révéler cette identité, la magnifier, la modifier ?

Je ne pense pas que tous les intérieurs soient représentatifs de ceux qui y habitent, il n’y a qu’à voir mon appartement pour cela ! Je crois en revanche que ces maisons précisément, ont été aménagées et décorées d’une manière très personnelle, avec quantité de petites touches et de petits détails ornementaux.
J’ai plus essayé de révéler un esprit qu’une identité propre, puisque mon interprétation ne reste que le ressenti que j’ai pu avoir en étant dans ces maisons. En revanche, je n’ai rien magnifié dans le sens ou rien n’est mis en scène, déplacé ou retouché par la suite. Les seules modifications que j’ai opérées sur mes images sont propres au numérique et au RAW : niveaux, contraste, bruit, purple fringe. Je n’ai même pas modifié la balance des blanc ou la chromie.

Photographier un intérieur c’est donc venir présenter quelque chose d’intime, où tout fait sens, poussière, absence de poussière, lumière, absence de lumière, placement plus ou moins orchestré des objets. Résiste-t-on à l’envie de mettre en scène, de déplacer ? Faut-il résister et immortaliser tel quel ?

Pour ma part, cela ne m’a même pas traversé l’esprit de modifier quoi que ce soit, ma démarche se veut avant tout authentique et sans artifice, de tout laisser « tel quel » donc. Je préfère n’interpréter qu’à travers un cadrage et une mise au point plutôt que de modifier ce que je vois. Mais je ne crois pas qu’il y ait de règles ou de principe fondamental qu’on photographie, à chacun sa démarche et sa manière de représenter ce qu’il voit.

Alice Santini sera présente demain soir à la Galerie Cub 7, 27-29 rue Yves Toudic, 75010 Paris, pour la soirée de clôture de son exposition, venez nombreux ! Vous pouvez aussi retrouver ses travaux sur son blog Les photos d’Alice, et suivre son compte Twitter : _Zinn_.

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Un commentaire

  1. 8 septembre 2010
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    Très bonne interview, ça donne vraiment envie d’aller voir son exposition.

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