Instant philosophique : l’aporie de Diodore

Certains d’entre vous vont me regarder bizarrement. Ce soir, nous allons parler un peu philosophie, avec une aporie qui me stimule toujours, et que j’aime bien proposer autour de moi.

Petit rappel pour ceux dont la Terminale commence à se faire loin : une aporie, c’est un cul-de-sac dans le raisonnement, un problème insoluble et néanmoins incontournable. Amusons-nous un peu : à la question aporétique « La lumière est-elle une onde ou une particule ? », la réponse la plus sensée est « Oui ». Ou « les deux, mon capitaine », mais c’est moins drôle.

Bref. Cette aporie dont je veux parler, c’est l’aporie de Diodore, nom de famille Cronos. On appelle aussi cette aporie l’argument dominateur, puisque c’est un peu l’argument fatal pour un système philosophique vis-à-vis d’un autre. Comment s’exprime donc cette aporie ? Sous la forme de trois propositions, tout ce qu’il y a de plus honnêtes, mais qui ne peuvent pas toutes être vraies en même temps, ce qui la fout mal, vous en conviendrez.

Épictète nous les rapporte ainsi :

1. « Toute proposition vraie concernant le passé est nécessaire. »
2. « L’impossible ne suit pas logiquement du possible. »
3. « Est possible ce qui n’est pas actuellement vrai et ne le sera pas. »

Là où l’aporie se montre utile, c’est qu’elle permet de classer les systèmes philosophiques dans trois catégories distinctes, en fonction de la proposition que chacune est forcée de réfuter.

A vous de voir où vous vous trouvez. Diodore réfute la troisième.

(Le lecteur souhaitant approfondir la question pourra lire Nécessité ou contingence. L’aporie de Diodore et les systèmes philosophiques, de Jules Vuillemin.)