Des jouets et des hommes, aux Galeries nationales du Grand Palais

[Rating:2/3]

Du 14 septembre 2011 au 23 janvier 2012, les Galeries nationales du Grand Palais racontent le jouet dans une exposition au propos à la fois historique et sociologique. C’est à la fois une rétrospective et une réflexion, en parallèle de Game Story qui propose plutôt pour les petits et (surtout) les grands enfants.

L’histoire du jouet commence comme l’histoire du don des parents à leurs enfants. On donne à l’occasion d’une fête ou de l’anniversaire, on choisit ce que l’on donne dans le but de préparer à sa façon son enfant à la société, et l’on masque l’aspect mercantile du cadeau derrière le personnage d’un donateur surnaturel. Dès l’antiquité grecque, on retrouve des cruches offertes aux enfants pour la fête des Antestéries. Plus tard on donnera des étrennes à la nouvelle année, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle où l’on voit apparaître les personnages de Saint Nicolas et du Père Noël, et la fête de la Nativité être de moins en moins associée à la Nativité mais de plus en plus à une fête du don.

Après cette introduction, l’exposition déploie l’histoire des jouets dans leurs différentes fonctions et selon leurs différents propriétaires. On trouvera donc des jouets mixtes : des animaux aux héros de la télévision en passant par les robots et chiens qui imitent la vie, mais aussi les jeux fortement différenciés qui s’adressent aux filles et aux garçons. Si les jouets de métiers donnent aux petites filles des professions subalternes et des occupations souvent liées à la maison ou aux enfants, les jouets de garçons les situent résolument dans le mouvement : voitures, trains, avions, ou dans le combat. Un programme de société inscrit dans le jouet et encore très présent.

L’exposition se termine par un rappel : il faut un jour ou l’autre renoncer aux jouets. On s’en doute et on le verra dans l’exposition Game Story, pour certains la renonciation est de plus en plus tardive… Dans l’antiquité, cette renonciation était ritualisée : les enfants devaient amener eux-mêmes leurs jouets à la destruction. On préférera peut-être les donner à la génération suivante, ce que l’exposition évoque cruellement en projetant les dernières minutes de Toy Story 3. Gageons que celles-ci ne manqueront pas de faire monter beaucoup de larmes. La dernière pièce nous immerge encore plus dans la part d’enfance qui peut faire office de refuge même dans les coeurs les plus durs… je n’en dis pas plus.

On sort de cette exposition tout retournés, bien nostalgiques… et prêts à se remettre de cette émotion en allant jouer, à peine honteux, dans la salle de jeux que constitue l’expo Game Story, à quelques mètres de là.

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