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Théâtre

18 mai 2013

Comme souvent, le théâtre de l’Athénée propose avec son Ariadne Auf Naxos un spectacle d’une grande qualité que la salle applaudit chaque soir avec beaucoup d’enthousiasme. Le livret (d’Hugo von Hofmannsthal ) de cet Opéra de Richard Strauss créé en 1916 puis remanié dans une seconde version, ici mis en scène par Benjamin Lazar, présente une histoire double : d’abord, celle de deux compagnies d’opéra qui doivent trouver à cohabiter sur la scène d’un mécène aussi riche que capricieux (c’est le prologue), puis le spectacle qui résulte de ce mélange improbable (c’est l’acte unique), où Ariadne délaissée par Theseus sur une île déserte fréquentera une bande de 4 garçons hauts en couleur et une fille volage au moment même de l’acmé de sa solitude. Voici déjà de quoi fournir les promesses d’un grand opéra où le compositeur autant que les interprètes auront à jouer sur différents registres en réinterprétant les codes des genres.

Premiers rôles féminins…

Les codes des genres, ce sont d’ailleurs un peu ceux du genre dans un premier temps, puisque le rôle du compositeur (dans l’opéra est mis en scène un compositeur d’Opéra, ô vanité) est tenu par une femme, mezzo-soprano. Dans Ariadne auf Naxos, le rôle de la femme est central, c’est peut-être pour cette raison que le troisième personnage clef devait être tenu par une femme – au-delà d’une explication lyrique dont la justification n’est pas de mon ressort. Tout tourne autour de la femme ici, et de son appréhension du monde tandis que les hommes apparaissent comme des jouets ou des serviteurs (à l’exception du compositeur, donc… et encore !).

Si elles sont au centre du monde, celui-ci est dépeint comme instable, inconstant – et la femme est faible, parfois volage : comment pourrait tourner rond un environnement basé sur de telles personnages ?! Quelle soit romantique, cynique, ascétique ou hédoniste, la femme ne parvient pas à ses fins. Ainsi, Ariadne amoureuse abdique de ses principes tandis que la Zerbinetta volage se dit fière de ses mœurs mais avoue une fêlure, une envie de se poser et de trouver l’amour. Aucune ne parvient donc à satisfaire ses envies.

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