Littérature Archive

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Alice au royaume des cartes à jouer, de Tenniel à Pat Andrea, au musée français de la carte à jouer

La note de Carpe Webem : ★★★

Du 7 décembre 2011 au 11 mars 2012, le Musée Français de la Carte à Jouer à Issy-les-Moulineaux présente une exposition consacrée à la place du jeu et des cartes à jouer dans les oeuvres de Lewis Carroll, et en particulier dans la plus célèbres : les aventures d’Alice au pays des Merveilles

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Walter Benjamin – Archives, au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme

La note de Carpe Webem : ★★★

Du 12 octobre 2011 au 5 février 2012, le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme retrace la vie du penseur Walter Benjamin au travers de ses principaux aspects tels qu’ils apparaissent dans ses nombreuses archives.

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American Prayer de Richard Prince à la BnF

Du 29 mars au 26 juin 2011, la BnF (site François Mitterrand) présente (à côté de l’expo Gallimard) American Prayer, une exposition constituée à la fois d’oeuvres de Richard Prince et de livres lui appartenant. Le résultat est un voyage au coeur de la culture populaire américaine et des contre-cultures qui l’influencent, de l’après-guerre aux années 80.

American prayer tente et réussit la figure difficile d’une exposition qui instaure une ambiance et laisse une impression. Autour de capots de Dodge customisés et au son d’une playlist qui convoque aussi bien Neil Young et BobDylan que The Clash et The Byrds, se mêlent les oeuvres de Prince : ses Untitled (almost originals), Publicities, Gangs et Cartoons, et un corpus de livres de sa collection personnelle mélangé à des livres choisis dans les collections de la BnF. Sans les indications du livret, difficile de savoir ce qui est de Prince et ce qui ne l’est pas : on est au coeur de sa pratique artistique, qui se fonde sur la ré-appropriation et le recyclage d’images préexistantes, souvent des symboles mythiques.

Originaux détournés, publicités aux dédicaces vraies ou forgées par Prince associées à d’autres images traitant du même thème mais à une toute autre époque ou d’une toute autre manière, re-photographies, dessins humoristiques de Playboy ou du New Yorker redessinés : le matériau de Prince c’est la culture populaire américaine et les courants qui l’influencent. Sa collection d’éditions autographiées de nombreux chefs de file de ces (contre-)courants force le respect : Allen Ginsberg, Jack Kerouac, William Burroughs, Philip K. Dick, Hunter S. Thompson, Richard Brautigan, J.D. Salinger…

Les pièces sont organisées autour de sept thèmes : l’univers féminin sulfureux de Prince dans Lolita and Lollipop (et partout ailleurs dans ses évocations des nurses), la Beat Generation dans Beat Hotel, la science-fiction paranoïaque dans Bomb dreams, les riders à cheval, en moto ou en Dodge dans On the road, Woodstock, le LSD et la libération sexuelle dans On the bus, les puissants et les criminels dans Criminals and Celebrities, la musique et la BD underground dans Sex and Drugs and Rock and Roll.

En bref, plus de 30 ans d’histoire de la pensée populaire américaine rassemblés avec un recul bienveillant et de l’humour, des évocations d’auteurs que l’on a envie de lire en sortant, le contrat est rempli. On serait tenté de dessiner Richard Prince comme un Roland Barthes hippie, motard, beatnik, rock and roll, archiviste des mythologies américaines.

Terminons avec un extrait du poème The Galilee Hitch-Hiker de Richard Brautigan, starring Baudelaire et Jésus dans un road trip (j’ai conservé la mise en page de l’édition imprimée) :

The Galilee Hitch-Hiker
Part 1

Baudelaire was
driving a Model A
across Galilee.
He picked up a
hitch-hiker named
Jesus who had
been standing among
a school of fish,
feeding them
pieces of bread.
« Where are you
going? » asked
Jesus, getting
into the front
seat.
« Anywhere, anywhere
out of this world! »
shouted
Baudelaire.
« I’ll go with you
as far as
Golgotha, »
said Jesus.
« I have a
concession
at the carnival
there, and I
must not be
late. »

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Gallimard, 1911-2011 : un siècle d’édition, à la BnF

Du 22 mars au 3 juillet 2011, la Bibliothèque nationale de France (site François Mitterrand) fête le centième anniversaire de la maison d’édition Gallimard en présentant, autour d’un parcours historique, de nombreux manuscrits autographes des plus grands auteurs de la maison.

L’exposition s’ouvre sur deux espaces particulièrement passionnants pour l’amoureux des pièces manuscrites que je suis. Le premier regroupe des manuscrits envoyés par les uateurs à la maison d’édition : Claudel, Proust, Gide, Aragon, Malraux, Dahl, de Beauvoir, Sartre, Pennac, Rufin, et jusqu’à Littell, dont le roman Les Bienveillantes (Goncourt 2006) a été envoyé à Gallimard en six cahiers Clairefontaine grand format ! Autour de ces pièces jamais montrées auparavant, les murs sont couverts de lettres d’auteurs concernant leurs manuscrits : Gary, Camus, Yourcenar, Cohen et Le Clézio qui à 22 ans envoie à la collection Le Chemin le manuscrit du Procès verbal.

Le deuxième espace montre l’autre côté de la barrière, avec le processus de validation des manuscrits par le comité de lecture. Les manuscrits passent de main en main chez les lecteurs qui rédigent des notes de lecture (la décision finale restant à l’éditeur). Ainsi, des notes de lecture des manuscrits des plus grands auteurs sont, là encore, montrées pour la première fois. On lira par exemple Jean Paulhan écrire de René Char, à propos des Loyaux adversaires, qu’il est « un disciple d’Eluard, dont il imite le ton, les vers et jusqu’à l’écriture. Sans intérêt, il me semble. »

Un espace audiovisuel permet ensuite de voir et entendre, grâce aux archives INA, certains des auteurs qui ont fait l’histoire de Gallimard, entre autres, Borges, Foucault, Bataille, Céline, Pennac, Le Clézio, Kundera…

Les dernières salles sont consacrées à l’histoire de la maison, en particulier pendant l’Occupation, au transfert de Gaston à Claude puis de Claude à Antoine, enfin au travail de conception des couvertures, affiches et catalogues sur lequel je suis passé plus vite.

Je recommande chaudement cette exposition à tous ceux qui aiment le manuscrit en cette époque du tout numérique, et toutefois, j’attire votre attention sur le site web de l’exposition, qui est très riche en ressources, avec notamment une visite audio complète.

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L’Académie française au fil des lettres, au Musée des Lettres et Manuscrits

Depuis ce jeudi 16 septembre et jusqu’au 15 novembre 2010, le tout jeune Musée des Lettres et Manuscrits présente des dizaines de lettres d’académiciens et candidats à l’Académie, qui illustrent les passions et tensions que peut cristalliser une si prestigieuse institution.

Cette deuxième exposition du Musée des Lettres et Manuscrits intitulée L’Académie française au fil des lettres, de 1635 à nos jours est à la fois un chemin dans l’Histoire de l’Académie, de ses prétendants et candidats, et aussi une présentation de ce qu’est cette institution qui veille sur la langue française. Les quelques dizaines de lettres présentées : candidatures, discours de réception, demandes de votes ou de soutiens, ne sont pourtant qu’une infime partie de la collection unique de la famille de Flers, qui a rassemblé en six générations environ 7000 lettres !

La boutique de l’exposition est intelligemment achalandée, avec à noter, des ouvrages pour le collectionneur de lettres autographes, et des reproductions numérotées de lettres d’écrivains célèbres. J’ai moi-même failli craquer sur une lettre écrite par Charles Baudelaire dont j’aime beaucoup l’écriture. L’image qui illustre cet article est d’ailleurs une lettre de Baudelaire, même si celui-ci n’a jamais eu la chance d’être accueilli à l’Académie.

En bref, l’exposition est un véritable plaisir pour les amateurs de calligraphie et les nostalgiques de l’époque où l’on s’écrivait des lettres… je vous recommande chaudement d’aller la visiter ! Ceux qui désireront conserver une trace de l’exposition trouveront un catalogue très complet, reprenant un nombre impressionnant de lettres de l’exposition en pleine page.

Musée des Lettres et Manuscrits
222 boulevard Saint Germain
75007 Paris
Billet plein tarif : 7 €, nocturne le jeudi jusqu’à 20h

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Les dandys, dans l’oeuvre de Balzac, chez lui

Jusqu’au 3 avril, la maison de Balzac expose un accrochage gratuit de son fonds, sélectionné pour refléter la présence des dandys dans l’oeuvre d’Honoré de Balzac, lui-même dandy ou aspirant à l’être, auteur, outre son immense oeuvre, d’un « Traité de la vie élégante ».

« J’ai créé la secte des Cannophiles dans le monde élégant et l’on me prend pour un homme frivole. » Honoré de Balzac, Lettre à Mme Hanska, 1834

Les dandys sont nombreux dans l’oeuvre de Balzac : Henri de Marsay, Rastignac, Victurnien d’Esgrignon, Lucien de Rubempré, La Palférine, … lithographiés tout comme de nombreux dandys parisiens au XIXème siècle, dont furent non seulement Balzac et sa canne à ébullition de turquoises qui a tant fait jaser, mais aussi Delacroix, Gautier, ou Barbey d’Aurevilly, tous héritiers du grand Brummell. L’exposition présente vingt-trois lithographies et quelques manuscrits dans deux pièces du sous-sol de la maison de Balzac, écrin préservé au coeur du seizième arrondissement, avec un agréable jardin, quelques chaises en fer forgé. L’accès au jardin, aux expositions permanentes et temporaires de la maison sont gratuits, seuls les parcours accompagnés sont payants.

« La vie élégante est l’exercice de la raison, nécessairement accompagné de celui des sens, de l’imagination et du coeur, qui, se mêlant aux institutions primitives, aux illuminations immédiates de l’animalisme, va teignant la vie de ses couleurs ». Victor Cousin