Benchmark pâtissier #1 : le pain au chocolat

Comment inaugurer la catégorie L’eau à la bouche sinon par un grand classique de la gourmandise française ? Le pain au chocolat, ou pour certains la chocolatine, reste avec le croissant une valeur sûre que l’on apprend à désirer dès notre plus jeune âge, souvent à 16h30 en sortant de l’école, ou le matin en s’y rendant. C’est aussi (Claire tient à ce qu’on le rappelle), quand on a grandi, pour tous les fans de Joe Dassin, le meilleur des alibis pour voir la boulangère :

Faire un bon croissant c’est tout l’art du boulanger, mais où trouve-t-on encore de vrais petits pains au chocolat, faits et cuits sur place, et non d’infâmes préparations sorties du congélateur, juste réchauffées et bien trop grasses ? Pouvons-nous trouver le meilleur pain au chocolat de Paris, qui sera probablement le meilleur pain au chocolat du monde ? En nous basant sur le benchmark réalisé par le Figaroscope nous sommes partis à la recherche de la chocolatine ultime.

Les règles du benchmark pâtissier de Carpe Webem

  • 3 échantillons, (très) arbitrairement choisis.
    Pour cet épisode de rentrée, nous avions une boulangerie de quartier chic, plusieurs fois distinguée, un pâtissier-traiteur de renom, un néo-boulanger pour satisfaire notre quota hipster (et parce que Claire voulait vérifier que le pain choc était au moins aussi bon que le pâtissier avait un mignon minois).
  • 1 test en presque aveugle
    Après une étude attentive de l’aspect visuel de chaque spécimen, la dégustation se fait les yeux fermés pour éviter toute influence extérieure (comme le susdit minois mignon), le dégustant devant livrer ses impressions gustatives à son comparse transformé en scribe.
    Les critères d’évaluation des pains au chocolat : aspect, odeur, texture de l’extérieur et de l’intérieur, teneur en beurre et en chocolat, concentration et qualité du chocolat. La boutique et l’accueil ont également été pris en compte.

Bilan des courses ?

Julien

La boulangerie

Boulangerie de quartier chic, accueil plutôt impersonnel, rien d’exceptionnel.


Le pain au chocolat (1,40€)

Bonne taille de pain, assez gras vu l’imprégnation du papier d’emballage au moment du test. Le plus normal de nos trois échantillons pour l’aspect visuel, avec un bel enroulement de la pâte qui laisse supposer une fabrication « à la mano ».

Accord des deux parties sur la note, mais impressions très différentes de nos deux carpetesteurs.

Claire a été gênée d’emblée par une odeur et un goût de cramé prononcés. Dommage, car c’est sans doute celui pour lequel le chocolat était le plus intense. La quasi absence de beurre rend l’ensemble assez amer. Feuilletage et texture corrects. Etrangement, Guillaume n’a pas trouvé de saveur particulière à ce pain, estimant même le chocolat inexistant. Côté texture, le boss de Carpewebem note un « croustillant réjouissant » (sic).

Note d’ensemble : 6/10

Dalloyau

La boulangerie

Corner des Galeries Lafayettes Gourmet. Claire a pris sur elle, ami agoraphobe ou misanthrope, tu préféreras la boutique du Luxembourg ou autre succursale.
Accueil très sympathique, on ne s’est pas fait rembarrer quand on a demandé à la dame de choisir un « gros » pain. Big up à elle donc, pour répondre aussi aimablement dans un tel brouhaha.

Le pain au chocolat : 1,40€

Spécimen plus gros que ses camarades de corner, mais reste de taille modeste. Aspect général peu avenant, ça sent la fabrication en usine. Pas forcément un drame, mais clairement, ce sont des machines qui enroulent la pâte feuilletée. Dessus un peu cramé et impression d’un pain pas très frais.

Et là, magie du test à l’aveugle…

Claire est persuadée de goûter la chocolatine de chez Julien, encensée par le Figaro Magazine. Bon goût de beurre, chouette croustillant, bon équilibre des textures et bon bilan général malgré un chocolat mal réparti et pas assez intense. Le bougre s’en sort bien.
Alors que du côté de Guillaume, c’est l’hécatombe : bave sur les doigts (le pain, pas le goûteur, je vous entends d’ici), texture grassouillette, et saveur gênante du chocolat qui a laissée notre testeur perplexe. Epices ? Sel ? Noisettes ? (oui, ces benchmarks font frôler la mort).
Comme quoi, les goûts et les couleurs…

Note d’ensemble 6/10

Gontran Cherrier

La boulangerie

Last but not least, le Cyril Lignac de la néo-pâtisserie ayant présidé le test du Figaro Magazine il y a quelques années.
Accueil normal, pas snob mais sans plus. On nous laisse prendre des photos sans problème.
Très jolie boutique dans la mouvance des commerces de bouche bobos. Carrelage et rayonnages à l’ancienne, plafond à la déco pop, journaux à disposition. On s’y voit bien prendre son café le matin avant de se rendre à son atelier partagé de graphistes/bureau de tendances/pépinière d’entreprise (no offense, les hipsters). Un très bon point, on aperçoit les cuisines, et un rack de pains au chocolat tout chauds fait entrevoir un spécimen frais du jour, voire de l’heure.

Le pain au chocolat (1,20€)

Comment ça, c’était joué d’avance ?

Pain relativement petit comparé à ses compères, mais sincèrement, vu le bestiau, c’est suffisant. Beau feuilletage maison, enroulé pas trop serré, doré et chocolat visible aux deux extrémités, ce qui laisse augurer une belle proportion de magnésium à l’intérieur.

Passons à la dégustation, à l’issue de laquelle les avis sont unanimes ou presque. Le pain made in Gontran (tu permets que je t’appelle Gontran, chou?) est reconnaissable les yeux fermés, voire au toucher. Bonne odeur de beurre notée par Claire, qui calcule combien de kilomètres de course elle va devoir s’enquiller pour éliminer tout ça… Au goût, la forte présence de beurre se confirme, avec une note salée pas désagréable, relevée aussi par Guillaume. Extérieur croustillant, sans doute doré (à l’oeuf?) et bon contraste avec un intérieur plus mou, mais pas spongieux. Bonne répartition du chocolat, mais, à ce niveau de qualité, on regrette que ce dernier ne soit pas tout à fait à la hauteur.
Un pain choc’ qui envoie quand même.

Note d’ensemble : 7,5/10, we have a winner !!!

Conclusion

Avons-nous été influencés par le concept de la boutique et la jolie gueule de Gontran ? Sommes-nous définitivement d’indécrottables branchés ? Nous nous accordons le bénéfice du doute pour l’instant, et attendons les prochains tests en aveugle pour trancher définitivement. Stay tuned !

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8 commentaires

  1. Ariane Charton
    28 octobre 2012
    Répondre

    Très sympathique chronique, un régal ! Continuez sur cette lancée gourmande.

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