Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde, ou le culte de la Beauté, au musée d’Orsay

La note de Carpe Webem : ★★★

Du 13 septembre 2011 au 15 janvier 2012, l’exposition Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde, organisée par le Victoria and Albert Museum de Londres et les Fine Arts Museums de San Francisco en collaboration avec le musée d’Orsay est exposée dans celui-ci. Une exposition qui ne se restreint pas à une seule forme d’art, mais nous offre un instant dans le mode de vie des esthètes de la fin du XIXe siècle.

« On doit être une oeuvre d’art ou porter une oeuvre d’art. »

Dans la seconde moitié du XIXe siècle en Angleterre, au coeur d’une époque néo-classique aux modèles principalement romains, d’une société conservatrice et guindée, naît une pensée romantique ayant plus hérité de la Grèce antique que du Moyen-Age, avec un goût prononcé pour la finesse des arts orientaux, un amour pour la beauté, et le souhait de la porter partout.

« L’art est notre fougueuse protestation, notre courageuse tentative de remettre la Nature à sa place. »

La quête des membres de cet Aesthetic Movement, c’est de ne pas mettre seulement de l’art dans les galeries, mais aussi dans leur vie : sur eux et dans leurs maisons.

« La médiocrité pesant la médiocrité dans sa balance, l’incompétence applaudissant sa soeur jumelle – tel est le spectacle que nous offre de temps à autre l’activité artistique en Angleterre »

Wilde fut beaucoup moqué pour, dans sa jeunesse, avoir dit qu’il lui était de plus en plus difficile d’être à la hauteur de sa porcelaine bleue, une porcelaine chinoise bleue et blanche collectionnée non seulement par Wilde mais aussi par Whistler, Rossetti, … D’ailleurs à l’entrée de l’exposition nous sommes accueillis avec un grand pot en porcelaine bleue et blanche : serons-nous à la hauteur ?

« Nous pouvons pardonner à celui qui fabrique un objet utile, pourvu qu’il ne l’admire pas. La seule excuse valable, quand on crée un objet inutile, c’est de l’admirer intensément. L’art tout entier est parfaitement inutile. »

C’est un panorama du mode de vie esthète de la fin du XIXe siècle, tel qu’il fut prôné par les membres de l’Aesthetic Movement, qui nous attend dans l’exposition : objets de décoration, meubles et vêtements, accompagnés d’illustrations et de peintures célèbres (Whistler bien sûr mais aussi Waterhouse, Burne-Jones, Moore, Stanhope… La disposition des expôts dans les couloirs et salles ménage de belles surprises : l’arrivée dans la salle décorée par les meubles de Godwin, Webb, Watts, Morris donne des frissons de plaisir.

« Even Morris’s poorest workman could make you a more comfortable seat than the whole of Nature can. »

Un seul bémol sur le titre pour cette exposition qu’il faudra voir, étudier, revoir : le titre original The Cult of Beauty était meilleur que Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde, moins élégant et tout simplement moins exact même si plus descriptif.

« Devenir le spectateur de sa propre existence, c’est échapper aux souffrances de la vie. »

Pour accompagner l’exposition, le musée d’Orsay organise plusieurs événements de musique et de lecture qui seront certainement exquis : Poètes et musiciens dans l’Angleterre d’Oscar Wilde. Enfin, n’oubliez pas que l’adaptation récente au théâtre de la toute aussi récente version non censurée inédite auparavant du Portrait de Dorian Gray est à voir au Vingtième Théâtre.

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